samedi 15 novembre 2025

Nos lectures de Novembre 2025

Etaient présents : Chantal et Roger D.;Monique ;Bernadette ;Madeleine ; Marie Madeleine ;Robert ;Chantal J ;Claudie et Anne Marie

Site de la médiathèque: https://www.facebook.com/mediatheque.bouguenais.44/

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Chantal D. : La maison vide de Laurent Mauvignier
Il s’agit d’une saga familiale poignante, qui s'étend sur un siècle et traverse les deux guerres mondiales. La Maison Vide, belle maison bourgeoise familiale, fermée pendant vingt ans, garde les traces de ses anciens occupants : un piano, une commode, des photos vigoureusement raturées ou découpées, notamment celles de Marguerite, la grand-mère de l'auteur. On découvre alors l’histoire de Marguerite, à travers celle de sa mère Marie-Ernestine, arrière-grand-mère du romancier :  traumatisée par son mariage arrangé qui la prive de son entrée au Conservatoire de Musique et de ses études, Marie-Ernestine sera incapable d'aimer sa fille Marguerite, qui nait de cette union forcée. Ce quasi abandon de Marguerite sera porteur de hontes à venir lors de la guerre de 39-45. L'écriture est très travaillée avec des phrases qui peuvent courir sur une page. L'auteur a voulu sortir de l'oubli cette femme rejetée par toute la famille. Il dénonce les horreurs de la guerre, le poids du patriarcat et le fonctionnement des sociétés villageoises et bourgeoises. 
Prix Goncourt 2025. 
A la médiathèque
Coup de cœur 


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Roger : La femme au cheveux roux d'Orhan Pamuk. 
En fin d'adolescence, Cem est embauché par un puisatier pour financer ses études. Nous sommes dans un village proche d’Istanbul. La vie est dure et le point d'eau est un trésor autour duquel la vie s'organise. Dans le cas présent l'installation d'une usine est conditionnée par l'édification du puits. Cem continue d’étudier et de se cultiver. Lorsqu'il va au village il rencontre une comédienne qui joue sous un chapiteau dont il tombe amoureux. Bien plus âgée que lui, elle  remarque la séduction qu'elle opère sur le jeune garçon et va le séduire. Aventure d'un jour qui le laisse rêveur. Paniqué, il disparait en abandonnant son patron accidentellement blessé au fond. Toute sa vie, il reste tourmenté par cet acte. Après une très brillante carrière dans les affaires immobilières, il parcourt les musées et lieux d’histoire avec sa femme qui est stérile. L'histoire d'Œdipe et celle du père tuant son fils virent à l’obsession et ponctuent la vie de ce couple sans enfant. Sa vie va basculer lorsqu'il aura un grand projet sur le lieu même de ses tourments de jeunesse : le fameux puit. Histoire bien construite avec un dénouement bouleversant. Les pensées et les sentiments des personnages sont parfaitement décrits.
A la médiathèque
Coup de cœur 
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Bernadette : Le roman policier de Philibert Humm.
A Pau, depuis quelques années, disparaissent les U des enseignes ; « chaussures »  se transforme en « cha-ss-res ».. « clinique » en « cliniq-e »  au grand agacement des propriétaires des boutiques et exaspère les passants.
3 personnages, ni policiers, ni journalistes, ni détectives s'improvisent enquêteurs. Philippe HUMM (l'auteur) embarque son complice Vincent DEDIENNE (l'acteur) dans une enquête farfelue ; ils seront rejoints par un 3ieme personnage.
Qui vole les U et pourquoi ? Toutes les hypothèses sont investiguées ; une ancienne parisienne pourrait être la coupable. ?.. un herisson... ? Les magasins U ?
Ce n'est pas un polar haletant, mais on s'amuse des calembours, de l'autodérision et de l'humour des situations.
Lecture divertissante. 
A la médiathèque
Coup de cœur

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Madeleine : J'emporterai le feu  de Leila Slimani.
3ème tome de la trilogie le pays des autres.
Enfants de  la 3ème génération de la famille Belhaj, Mia et Inès élevées par leurs parents partent en France pour leurs études. Elles découvrent une nouvelle culture, cherchent leur place, et à travers le regard des autres, affrontent le racisme également dans ce monde qui leur parait parfois incompréhensible.
Dernier volet de cette fresque familiale, inspirée de la propre histoire de famille de  l’autrice, ce texte est d’une grande puissance.
A la médiathèque
Coup de cœur
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Claudie : Miss Islande de Audur Ava Olafsdottir- Ed Zulma.
Les années 60, sur cette île de feu et de glace où conservatisme et patriarcat écrasent toute velléité d'émancipation féminine, Hekla, du nom d'un volcan, jeune femme portée vers l'écriture et la littérature, quitte sa contrée natale pour s'offrir un destin à contre-courant de celui auquel elle était prédestinée .
Invitée avec insistance à briguer le titre de Miss Islande, elle refuse et part avec une petite valise contenant sa machine à écrire Remington, ses manuscrits et son roman en cours. 
"Le lendemain, je me présente à l'hôtel Borg, en pantalon, pour remettre ma démission. Le monde n'est pas comme tu voudrais, rétorque le chef de rang, tu es une femme, il faut bien que tu l'acceptes. "
Elle rencontre un poète qui est jaloux de son talent, elle finira par le quitter pour aller rejoindre son ami marin homosexuel à Reykjavik, Jon John, aussi victime du carcan social. Elle entretient une correspondance avec son amie Isey, tout aussi passionnée de littérature et qui vit avec son mari et ses enfants, enfermée dans sa maison. 
"Je cache mon journal intime au fond du seau dont je me sers pour faire le ménage. Lydurne (son mari) ne comprendrait pas que je passe mon temps à écrire sur des choses qui n'existent plus, le passé, c'est le passé, dit-il. 
Une fois que j'ai écrit dans mon journal, je me sens aussi bien que si j'avais plié tout le linge et fait tout le ménage ".
"Tu vas t'en aller voir le monde et moi, je resterai ici en espérant que le poissonnier emballera mon aiglefin dans un poème ou un roman feuilleton ".
Beaucoup de finesse, d'humour et de sensibilité dans ce roman autour de 3 personnages. 
Incipit : Il faut porter en soi un chaos. Pour pouvoir mettre au monde une étoile qui danse "(Nietzsche), et puis, la forme de ce roman, parsemé de petits poèmes, truffés de références littéraires, aux chapitres courts et aux titres insolites :
Nous sommes tous pareils, des baleines déboussolées et mortellement blessées 
Les astres errants de l'océan 
La musique seule pour parler de la mort 
Nous sommes faits de l'étoffe de nos rêves 
Et puis l'ambiance de la littérature islandaise (J.K.Stefansson..) faite de froidure, de vents, d'océan furieux et de mots mouillés,   A lire sous la couette, dans l'intimité !
A la médiathèque

Marie Annick a rapporté le livre de Sorj Chalendon emprunté à Roger et a témoigné de son enthousiasme. Elle confirme de son côté le coup de cœur

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