samedi 7 mars 2026

Nos lectures de Mars 2026

Étaient présents : Bernadette, Chantal D., Didier, Éric, François, Madeleine, Marie-Geneviève, Marie-Madeleine, Roger.

Site de la médiathèque: https://www.facebook.com/mediatheque.bouguenais.44/

;
Chantal D. L’Âge fragile de Donatella DI Pietrantonio ; traduit de l’italien par Laura Brigon. - Albin Michel, 2025. – 254 p.
Amanda revient au village, dans les Abruzzes, après l'agression dont elle a été victime dans une rue de Milan, ville où elle étudiait. Elle s'enferme dans sa chambre. Lucia est impuissante devant la détresse de sa fille. Cela ravive une culpabilité, car elle est confrontée à des souvenirs douloureux. Elle avait vingt ans. Il s'agit du féminicide de deux jeunes campeuses de son âge qu'elle côtoyait. Son amie Doradice les accompagnait et a échappé au massacre. Lucie n'avait pas trouvé les mots pour aider son amie éprouvée. 
Dans ce récit tendu, l'auteure dénonce le poison de la culpabilité, la violence du féminicide et l'emprise des hommes dans les sociétés patriarcales rurales. Les filles y sont «dressées» à  obéir et ne sont pas préparées psychologiquement pour déjouer les pièges qu'elles peuvent rencontrer.
Elle dénonce aussi la responsabilité de la communauté face à l'auteur du crime. Les hommes du village ont laissé ce berger sans famille, sans repères, immature, vivre un abrutissement par le travail. On peut parler d'exploitation et de maltraitance. Sans cadre affectif, ce garçon n'a pas su réprimer ses pulsions.
L'espoir renaîtra grâce à Amanda qui s'investira dans un projet dynamisant le village. Les paysages des Abruzzes sont magnifiquement décrits. 
A la médiathèque
;
Didier Vie de David Hockney de Catherine Cusset. – Gallimard, 2018. – 183 p. 
Prix Anaïs Nin 2018
David Hockney, 88 ans, est une figure majeure du pop art et un artiste mondialement connu. Catherine Cusset n'est pas la biographe de David Hockney, mais sa narratrice. À partir des faits réels, elle construit un roman. Elle s'intéresse moins à l'œuvre du peintre, mais davantage à l'homme, excentrique, homosexuel assumé, hédoniste. Elle brosse le rapport passionné, fusionnel entre l'artiste et sa peinture, sa recherche constante de nouveaux procédés, de nouvelles techniques. Avec une écriture dépouillée, brève, Catherine Cusset peint un beau portrait d'artiste.
A la médiathèque
;
François La Sorcière de Jules Michelet (1798-1874). - Gallimard, 2016. (Folio classique). – 469 p.
Dans ce récit initialement publié en 1862, l'historien revient sur la figure de la sorcière dont il dresse un portrait à la fois lyrique et réaliste, se livrant ensuite à une lecture plus psychologique.
Livre présenté en lien avec l’exposition Sorcières au Musée d’histoire de Nantes (7/02 au 28/06)



;
Madeleine Nous sommes faits d’orage de Marie Charrel. – Éditions Les léonides, 2025. – 396 p.
Ce roman nous fait découvrir une Albanie faite de contes et de légendes et nous suivons dans ce récit trois temporalités différentes.
2023, nous sommes avec Sarah, trentenaire islandaise, partie découvrir « le village sans nom » dans les montagnes albanaises. Sarah vient d'hériter de sa mère Ester d'une bicoque dans ce village isolé avec une consigne « Trouve Elora ». Sa mère est toujours restée secrète sur son pays d'origine et sur sa jeunesse albanaise. Arrivée sur place, les gens du pays lui disent qu’Elora est morte il y a bien longtemps.
1989 Elora, adolescente de douze ans appelée fille de feu par les villageois. Sauvage, elle rêve de liberté, de ne plus être sous le joug des hommes dans cette société patriarcale et machiste. Société dont les fondations reposent depuis le moyen-âge sur le Kanun, livre de loi qui dicte le code d'honneur sanglant des vendettas et le devoir de vengeance qui en découle.
1970, trois jeunes hommes quittent le village pour partir étudier à Tirana en rêvant d'une vie meilleure loin de la rudesse des montagnes.
Contexte historique : de 1945 à 1985, l’Albanie est sous le joug du leader communiste Enver Hoxha , dirigeant tyrannique.
C’est un roman fort de par les thèmes qu'il aborde ; les racines et la quête d'identité, la place des femmes au sein d'une société patriarcale, l'impact de la nature, le poids des traditions, les amours empêchés, la résistance à l'oppression, le pouvoir des mots, les secrets de famille, la liberté.
A la médiathèque
;
Marie-Geneviève On était des loups de Sandrine Colette. Lattès, 2022. - 197 p.
Prix Jean Giono 2022 – Prix Renaudot des lycéens 2022
Un homme solitaire, amoureux de sa montagne, vit à l'écart de toute civilisation avec sa femme et leur fils de cinq ans et demi.
Un soir où il rentre de la chasse, il trouve sa femme tuée par un ours et son fils encore vivant sous elle pour le protéger. Il ne peut imaginer vivre avec un si petit enfant dans des conditions aussi difficiles. Mais son projet de le confier à de la famille vivant plus bas en plaine échouant, il se retrouve face à un énorme dilemme qui le conduira à entrevoir une solution extrême, mais que son instinct paternel lui permettra de surmonter.
Très dur, mais très beau ! La nature est oppressante, car hostile. On est dans la tête du père qui exprime ses sentiments violents, ses émotions qu'il ne sait exprimer. Et le manque de ponctuation participe à l'atmosphère oppressante. 
A la médiathèque




;
Marie-Madeleien Le Cartographe des Indes boréales de Olivier Truc.  -Métailié, 2019. – 630 p. - (Autres horizons)
C’est un grand récit d’aventures sur une période de 1628 à 1678.
C’est l’Europe sous Louis XIII et Louis XIV. Les Indes boréales, c’est une région de Laponie qui couvre la Suède, la Finlande et la Norvège.

C’est l’histoire d’Izko Detcheverry (un catholique) qui nait à Saint-Jean-de-Luz et qui rêve d’abord de devenir chasseur de baleines comme son père. Son destin le fera voyager en Laponie, en Hollande à Amsterdam, en Suède à Stockholm et aussi à la cité maudite de Piteâ en Suède.
Au cours de sa vie, il fera de nombreux séjours en prison. Izko devient cartographe, il parcourt l’Europe pour faire des relevés. Il en tire des cartes très bien documentées et se fait rapidement connaître pour ses grandes qualités de précisions géographiques. Il se retrouve au cœur de guerres d’influences entre religieux ( protestant/catholiques), au cœur d’enjeux financiers ( exploitation du minerai de fer), en contact avec de hauts dignitaires et de têtes couronnées, notamment à la cour de Suède. Il devient , sous la contrainte, espion du roi à la cour de Suède. En effet, un mystère plane sur sa famille. S’il refuse cette mission d’espionnage, son père et sa mère pourraient être gravement menacés. En Laponie, il entre dans le monde et la culture des populations samis. Les Samis sont une population nomade vivant prioritairement de l’élevage des rennes. Cette population est menacée par les autorités suédoises qui veulent les évangéliser, les fixer pour mieux récupérer leurs terres.

La langue est belle, le rythme soutenu, les péripéties nombreuses.
C’est un voyage dans le temps, dans l’espace, mais aussi dans les consciences.

J’ai lu ce livre par périodes de vie avec plusieurs interruptions. Izko a 13 ans au début du livre.
A la médiathèque

;
Roger Les Belles promesses de Pierre Lemaitre. Calmann Lévy, 2026. (Les Années glorieuses, 4). – 502 p.
[« Le Grand monde », tome 1 - « Le Silence et la colère », tome 2 - « Un Avenir radieux », tome 3]
Sans le père, la famille Pelletier continue sa vie compliquée. L'aîné, Bouboule, toujours aussi fragile devant sa femme Geneviève, autoritaire, bête, mégalomane et méchante, si bien décrite et toujours imprévisible, même si on s'attend au pire, avec elle. Bouboule est tendre avec ses enfants et capable de compassion pour les expulsés de leurs logements afin de construire le périphérique parisien, réalisation dont il est l'un des financiers. Il sera décoré pour avoir sauvé un bébé lors de l'incendie d'un immeuble. Par ailleurs, il est l'assassin de plusieurs femmes, chaque fois sous une pulsion subite, et n'est jamais soupçonné. Sauf que son frère, journaliste, fait le rapprochement, entre ces crimes et la présence sur place de Bouboule, jusqu'à avoir des indices probants. Pierre Lemaitre a l'art de décrire des situations lourdes de suites. L'ambiance des trois glorieuses avec ses conséquences sociales, sur l'agriculture notamment, est présente et l'auteur y insère son récit avec brio.


samedi 7 février 2026

Nos lectures de Février 2026

Étaient présents : Anne, Bernadette, Chantal D., Chantal J., Didier, François, Jacques, Monique, Madeleine, Marie-Geneviève, Marie-Madeleine, Roger. 

Site de la médiathèque: https://www.facebook.com/mediatheque.bouguenais.44/

;
Anne Naitre, accoucher à Nantes : 1970-2025 de Anne Gouret, Françoise Auneau et Nathalie Fond. À la crié, 2025
Cette histoire collective de la Maison de la Naissance de Saint-Sébastien-sur-Loire nous parle tout autant de la réappropriation par les femmes de leur corps que de l’état hautement problématique du droit de choisir ici aujourd’hui son accouchement.



;
Bernadette : Les deux royaunes de Eric- Emmanuel Schmitt . Éd. Albin Michel, 2025. (La Traversée des temps, 5)
Eric Emmanuel SCHMITT « traverse les temps » de la fin du néolithique et Déluge (Tome 1) – Babel et la civilisation mésopotamienne (Tome 2) – l’Égypte des Pharaons et Moïse (Tome 3) – La Grèce du IV siècle avant JC (Tome 4) – d'autres tomes feront la suite jusqu'à nos jours.
La première partie du tome 5, traverse la période des Gaulois et la vie organisée des villages et des villageois à l'ombre des grands chênes. L'influence et le rôle des Druides sont respectés.
Puis vient l'époque des envahisseurs romains qui imposent leurs lois et leur volonté de toute-puissance ; règnent la terreur, l'esclavage, les guerres, les gladiateurs (dont l'histoire de Spartacus), les complots, les crimes irrésolus, les crucifixions.
Les empereurs se succèdent. L'empereur Auguste sera le plus stable .
La deuxième partie développe la naissance du christianisme au Ier siècle en Palestine. Les disciples de Jésus de Nazareth, à sa mort, parcourent l'Empire romain et transmettent sa parole. Le christianisme se répand alors au sein de l'Empire romain, créant le trouble dans les esprits.
Eric Emmanuel SCHMITT écrit son ouvrage d'une manière romancée en incluant a chaque fois les mêmes personnages « immortels » Noam, Noura, Tibor, et Derek qui  évoluent à chaque époque.
L'Histoire ici et dans chaque tome  bien documentée, peut inciter le lecteur à faire des recherches complémentaires.
A la médiathèque
;
Chantal D. : Haute-folie d'Antoine Wauters. Gallimard, 2025 - Prix Jean Giono 2025
Écrivain et poète belge. Orphelin très jeune, Joseph sera élevé par  sa tante et son oncle dépressif. Il vivra jusqu'à l'âge adulte dans l'ignorance totale des drames vécus par ses parents, incendie de leur ferme, suicide, etc. Il a beaucoup de mal à se construire, rencontre des difficultés à vivre avec les autres, à aimer, à se laisser aimer.
« Mes nerfs sont abîmés, j'ai une brûlure constante ». Vivre dans la nature l'apaise. Il fuit la compagnie des hommes et marche jusqu'à l'épuisement.
Ce roman est dur, mais nécessaire. Il montre la force destructive des non-dits, des secrets qui empoisonnent l'existence. Le poids terrible du silence sur les malheurs familiaux aura fait basculer la vie de Joseph. Tardivement, il demandera la vérité et essaiera d'affronter les fantômes du passé sans jamais y parvenir.
Les descriptions de la nature sont très précises et poétiques.
A la médiathèque


;
Didier : Les mots sont nets, le monde est flou d'Hervé Le Tellier. Entretien avec Richard Gaitet. Arte éd. Points, 2024.
Hervé Le Tellier, ancien enseignant de mathématiques, ex-journaliste scientifique, est surtout connu pour son roman « L’Anomalie », qui lui a valu le prix Goncourt en 2020. Mais il publie régulièrement depuis 1990 des romans, des nouvelles, du théâtre. Membre depuis trente ans, il est l'actuel président de l'OuLiPo (Ouvroir de littérature potentielle, groupe de recherche littéraire fondé en 1960 par le mathématicien François Le Lionnais et l'écrivain et poète Raymond Queneau.)
Ce livre d'entretien avec le journaliste et écrivain Richard Gaitet est la transcription du podcast d'Arte radio Bookmakers (https://www.arteradio.com/serie/bookmakers). "Enfant sauvé par les livres", Hervé Le Tellier y parle avec humilité de son travail d'écriture, pour une passionnante démonstration de l'intérêt des contraintes en littérature, qui ont, de tout temps, aiguisé l'imagination et l'adresse des écrivains.
A la médiathèque

;
François François nous a présenté deux livres ayant pour point commun, le langage.
 Epépé de Ferenc Karinthy. (1921-1992) ; traduit du hongrois par Judith et Pierre Karinthy ; présenté par Emmanuel Carrère. Zulma, 2021. (Z-a).
Un linguiste hongrois nommé Budaï se rend à Helsinki pour un congrès. Mystérieusement, son avion atterrit dans une ville immense et inconnue dont il ne connaît ni ne comprend la langue. Tandis qu'il cherche désespérément à retrouver sa route, le mur d'incompréhension se dresse chaque jour un peu plus.
Le Règne du langage de Tom Wolfe (1931-2018) ; traduit de l’anglais (États-Unis) par Bernard Cohen. Robert Laffont, 2021. (Pavillons).
Pour le romancier, c'est le langage, et non l'évolution, qui participé au développement des sociétés et aux réalisations complexes de l'humanité. D'A. Wallace à C. Darwin, avec érudition et humour, il examine comment la science a essayé de fournir une explication à ce don de la parole.




;
Jacques France-Algérie : anatomie d'une déchirure : 45 questions pour tout comprendre de Thomas Snégaroff et Benjamin Stora. Les Arènes, 2025
Adaptée du podcast de France Inter, une exploration de six dates clés de l’histoire franco-algérienne, marquée par la violence et l’interdépendance. Un récit clair et documenté pour comprendre une relation toujours vive, entre mémoire, tensions et espoir de dialogue.

Roger signale le livre de Jacques Floch, ancien maire de Rezé, 
Réflexions sur la guerre d'Algérie : avant et après, qui a trompé qui ? 

;
Madeleine / Marie-Madeleine La Collision de Paul Gasnier. Gallimard, 2025
Prix Goncourt des détenus 2025
En 2012, dans le centre-ville de Lyon, une femme décède brutalement, percutée par un jeune garçon en motocross qui faisait du rodéo urbain. Dix ans plus tard, son fils, hanté par le drame et devenu journaliste, analyse la façon dont ce genre d'accident est utilisé quotidiennement pour fracturer la société. Il part sur les traces du motard pour comprendre d'où il vient et quel a été son parcours.
A la médiathèque


;
Monique Je suis Romane Monnier de Delphine de Vigan. Gallimard, 2026
Un soir dans un bar, Thomas échange par erreur son téléphone avec celui d’une jeune femme. Rapidement sa propriétaire Romane Monnier le lui restitue , mais lui indique qu’elle ne souhaite pas récupérer le sien et lui confie ses codes d’accès. Thomas commence à explorer le smartphone de cette femme qu’il ne connaît pas.
Ce roman explore notre dépendance aux smartphones, la question des traces que nous laissons derrière nous. C’est un livre bouleversant qui aborde la parentalité, les liens d’amitié et les histoires de famille qui nous marquent.
A la médiathèque

;
Roger Ceux qui sauront de Pierre Bordage. J’ai lu, 2010. (Jean et Clara, 1)
[« Ceux qui rêvent », tome 2 - « Ceux qui osent », tome 3]
Science» fiction. Début vingt et unième siècle. La France, comme les nations européennes, est une royauté avec deux classes sociales : ceux qui ont tout le pouvoir et les «cous noirs» qui vendent leur force de travail, pour pas cher. Entre eux les forces royales, dont la gendarmerie, sont redoutables, notamment pour sanctionner sévèrement les enseignants et les élèves des classes clandestines, car les «cous noirs» n'ont pas le droit de savoir lire. Trop dangereux. L'accès à un internet libre est, lui aussi, très sévèrement puni, pour tous, cette fois, indifféremment. Dans cette ambiance, Clara, dans une famille versaillaise qui côtoie la cour, est destinée, malgré ses quinze ans, à un mariage arrangé avec un homme qu'elle n'a jamais vu. De son côté Jean touche sa première paye, loin de sa famille. Des péripéties lui feront assister à l'exécution de son père avec d'autres complotistes. Clara et Jean, que rien ne destinait à se rencontrer, vont être au centre de ce récit, avec un romantisme douloureux, dans ce contexte social si répressif.
it de choisir ici aujourd’hui son accouchement.
A la médiathèque



samedi 10 janvier 2026

Nos lectures de Janvier 2026

Etaient présents : Bernadette, Chantal D., Chantal J., Daniel, Didier, François, Monique, Marie-Madeleine, Roger.Délicieux gâteau à la banane et thé offert par Chantal J.

Site de la médiathèque: https://www.facebook.com/mediatheque.bouguenais.44/

;
Bernadette Le goût du rouge à lèvres de ma mère de Gabrielle Massat. Éd. Du masque, 2020.
Cyrus COLFER élevé dans le milieu de la pègre californienne dans les années 90, découvre à l'adolescence, sa mère (proxénète) morte, le corps sauvagement lardé de coups de couteau. Cyrus quittera San Francisco et le Milieu, et, pendant une dizaine d'années, il vivra de petits trafics. Son passé le rattrapera avec l'ouverture d'une «cold case» que 2 policiers de San Francisco sont chargés de résoudre suite à la découverte d'un homme mort. Ce dernier avait les coordonnées de Cyrus COLFER dans sa poche. Cyrus, mêlé à l’enquête (mi-truand, mi-indic) n'aura de cesse de vouloir trouver l'assassin de sa mère. À un détail près, c'est qu'il est devenu aveugle.
Roman noir captivant une fois bien ancré dans l'histoire, car il y a de nombreux personnages, de cadavres, de trahisons, de retours en arrière... et d'humour noir.
A la médiathèque
Coup de cœur 


;
Chantal D. : A propos d'un village oublié de Véronique Mougin . Flammarion, 2025
Ce roman m'a beaucoup touchée, réconfortée même. Nous suivons la grand-mère de l'auteure, juive hongroise (Margrit sera Marguerite), fuyant Paris et se réfugiant dans le village de Mirabelle (Drôme) pour échapper à la persécution. Son amoureux, dont elle attend un enfant, est retenu dans un camp de travail. Marguerite et son nourrisson seront d'abord cachés chez le pasteur, puis à la ferme de la Combe. Le boulanger acceptera de cacher Raymond son neveu de huit ans, fils du frère de son mari. Récit touchant. Tout n'est pas parfait dans ce village où il y a eu, comme partout, de la collaboration, des dénonciations. Au milieu d'événements dramatiques, on côtoie la bonté ordinaire de tous ces justes. C'est une suite de petites choses, de petits gestes, qui aidèrent Marguerite à survivre.
A la médiathèque
Coup de cœur 
;
Chantal J. Son odeur après la pluie de Cédric Sapin-Defour.                                                                            préface de Jean-Paul Dubois. Éd de la Loupe, 2023
Le récit du lien, unique, surpassant tellement d'autres relations, qui unit l'auteur à son bouvier bernois Ubac. Prix littéraire 30 millions d'amis 2023.
Chantal nous a lu un passage de la préface et du roman.
A la médiathèque
Coup de cœur 


;
Didier : Le dernier hiver de Marcus Malte. Éd. Du Rouergue, 2025. (Doado).
Le narrateur est un bonhomme de neige, haut de ses 300 ans d’existence. Il nous confie ses joies, ses émotions, ses peurs. Il dresse le portrait de ceux qui lui donnent vie et s’interroge sur la fragilité de son existence. Dans un style simple, mais empli d’émotion, Marcus Malte nous livre un conte sensible.
A la médiathèque


Didier évoque aussi la mort de Pierre Bordage, auteur français de science-fiction à qui l’on doit, entre autres, Les Guerriers du silence (trilogie) édité chez l’Atalante, Tout sur le zéro (sur l’addiction au jeu) et la trilogie Jean et Clara, dont le premier tome, Ceux qui sauront, où Pierre Bordage imagine une uchronie avec un monde dans lequel l'instruction pour tous serait interdite.
;
François Le Problème à trois corps de Liu Cixin. traduit du chinois par Gwénnaël Gaffric. Actes Sud, 2016. (Exofictions).
Premier volet d'une trilogie. Chine, années 1960. En pleine révolution culturelle, le pouvoir lance un programme de recherche de civilisations extraterrestres. Ye Wenjie, une astrophysicienne, envoie dans l'espace un message contenant des informations sur la civilisation humaine capté par les Trisolariens, qui s'apprêtent à abandonner leur planète menacée par son système solaire. Le titre fait référence au problème à N corps en mécanique orbitale.
A la médiathèque



samedi 13 décembre 2025

Nos lectures de Décembre 2025

Etaient présents : Bernadette, Chantal D., Chantal J., Claudie, Daniel, Didier, Éric, Monique, Madeleine, Marie-Geneviève, Marie-Madeleine, Roger

Site de la médiathèque: https://www.facebook.com/mediatheque.bouguenais.44/

;
Bernadette : Les 8 vies d’une mangeuse de terre de Mirinae Lee.
traduit de l’anglais (Corée du Sud) par Lou Gonse. Phébus, 2025.
Premier roman
Dans une maison de retraite Sud-Coréenne, une employée propose à ses pensionnaires de lui raconter leur vie ; autour de trois mots qu’elles choisissent, elle écrit leur histoire pour transmission à leurs descendants.
Mook Miran, 100 ans, née sous l'occupation japonaise, a connu la guerre du Pacifique, la guerre de Corée et la dictature Nord-Coréenne.
Pour survivre à tant de violence, elle a dû mentir et tromper le monde autour d'elle, se glissant dans la peau de personnes et personnages très différents pour rester saine et sauve.
Elle se prête volontiers à l'exercice proposé à condition de choisir huit mots qui correspondent à ses huit vies : esclave, reine de l’évasion, meurtrière, terroriste, espionne, amante et mère. On découvre le 8e mot presque à la fin du livre.
Ces récits, reliés entre eux, détaillent l'existence de Mook Miran sans omettre les violences qu'elle a subies. Nous découvrons la grande Histoire à travers ces récits « romanesques ».
Le livre est basé sur des témoignages réels que l'autrice cite en fin du livre.
Coup de cœur 


;
Roger : La femme au kimono blanc d'Ana Johns 
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Typhaine Ducellier. éd. Charleston, 2024
Ce premier roman de cette autrice américaine est devenu un best-seller international et traduit en vingt-cinq langues. Roman bouleversant, magnifiquement écrit, inspiré d'une histoire vraie. Après la Deuxième Guerre mondiale, le Japon a connu sept années d'occupation américaine. Naoko s'éprend de Hajime, soldat de la marine américaine, alors qu'elle est promise à un riche homme d'affaires plus âgé qu'elle. Elle va défier toutes les conventions de la société japonaise. Hajime est épris d'elle et essaie d'intégrer les codes, notamment pour la rencontre de la famille lors d'un thé. Ce sera un échec. Naoko, déchirée entre son coeur et sa culture, ne peut renoncer à son grand amour. Ils se marient avec quelques amis, mais Hajime doit repartir en mer. Elle devra affronter seule le courroux familial et celui de la société pour sauver son enfant à naître. Les enfants métis sont rejetés. Hajime ne reviendra pas. Le choix impossible de Naoko bouleversera son destin et celui des générations futures. Ce roman montre les conséquences de la Grande Histoire, ici la guerre, sur les vies humaines. Le secret autour de Hajime sera révélé par une Lettre...
A la médiathèque
Coup de cœur 
;
Chantal J. : Les dits de Nantes de Françoise Moreau.
Chantal nous a lu un passage de ce livre.
A la médiathèque


;
Daniel : Tout le monde aime Clara de David Foenkinos.Gallimard, 2025.
Une vie de couple classique, presque banale. Mais voilà, le désir d'enfant devient une épreuve. Et lorsque le bébé providentiel arrive, le père assume avec joie le fait d'élever avec amour son enfant, Clara. Alexis, dont la vie austère dans une banque, revit. Sa femme travaille dans le cinéma toute la semaine. Et ce qui devait arriver arriva. Elle jette son dévolu sur un régisseur, baroudeur, sportif et excellent amant. Le couple divorce, Clara grandit, mais un accident de la vie va la faucher en pleine jeunesse : très long coma, quelques mois et, dans cette épreuve, étrangement, le couple se reforme. Quand Clara se réveille enfin de cette longue période entre la vie et la mort, elle est transformée. Elle constate qu'elle a un don de voyance. Alexis, son père, grâce à la générosité d'une cliente de la banque qui avait jeté son dévolu sur lui, se lance dans l'écriture avec un écrivain qui n'a rien écrit depuis 40 ans, un seul livre publié aux éditions de Minuit. Échec total pour cet homme aigri, mystérieux. Il va retrouver de l'allant et de la joie en réussissant à publier son second livre avec les dons de voyance de Clara.
A la médiathèque
Coup de cœur
;
Madeleine : Nourrices de Séverine Cressan.Dalva, 2025
Ce roman évoque la maternité dans un village rural, à une époque indéterminée où la femme était marchandise et l’allaitement une industrie nourricière.
On découvre dans ce récit la vie dure des nourrices, ces mères sur lesquelles a reposé toute une industrie pendant plusieurs siècles. La denrée précieuse, c’est le lait maternel qui rapporte un peu d’argent indispensable à la survie des familles.
On suit plus particulièrement l’histoire de Sylvaine qui, son petit garçon à peine sevré, accueille chez elle une petite fille de la ville. Lors d’une nuit de pleine lune, guidée par une force mystérieuse, elle découvre dans la forêt un nourrisson abandonné, accompagné d’un carnet qui raconte son histoire …
Même si le contexte est rude, dur et quelquefois violent, ce texte révèle une grande humanité, la tendresse, l’amour maternel et la solidarité féminine dans une atmosphère un peu mystique où la nature prend sa place.
A la médiathèque
Coup de cœur


;
Marie-Geneviève Dessous les roses d'Olivier Adam. Flammarion, 2022
Une famille modeste de banlieue où les échanges et les démonstrations affectueuses n'existent pas. Le père va être enterré et les trois enfants se retrouvent près de la mère dans la maison familiale chargée de souvenirs.
Mais ils ne sont pas les mêmes pour tous. Chacun, en fonction de sa place dans la fratrie et du rôle assigné, a son propre ressenti, ses rancoeurs...
Cependant, l'aîné qui avait pris ses distances avec la famille va se réconcilier avec son père avant qu'il ne meure...
Beau roman (un peu moins déprimant que d'autres) qui explore avec justesse les relations complexes au sein d'une famille.
A la médiathèque
Coup de cœur


;
Marie-Madeleine : La confrérie des moines volants de Metin Arditi. Grasset, 2013
C’est l’histoire de Nikodime Kirilenko, un ermite installé dans la forêt profonde. Il a soustrait au régime bolchévique des trésors d’art sacré : icônes, tableaux, reliquaires…
En effet, entre 1918 et 1938, le régime soviétique d’alors a détruit, pillé, vendu tout ou presque de ce que l’Église russe comptait comme trésors.
Nous sommes dans la région de Saint-Pétersbourg, appelée alors Leningrad.
Metin Arditi nous fait revivre cette période historique à travers les portraits truculents de Nikodime et de ses disciples aux profils bigarrés.
Deux parties principales : en 1937, la vie d’un ermitage. En 2000, chez un photographe de renom à Paris dans le tourbillon d’un vernissage d’exposition « Les plus belles femmes du monde ». Pour ses funérailles, le père de Mathias a demandé à être inhumé suivant le rite orthodoxe.
Excellent roman.
Coup de cœur


;
Roger : Seules les bêtes de Colin Niel. Ed. Du Rouergue, 2017.
Roman policier avec une intrique particulièrement remarquable. Un village dans la montagne. Une femme y disparaît au cours d'une randonnée solitaire. Une assistante sociale visite les fermiers seuls et isolés. Les gendarmes n'ont aucun indice. Puis l'époux de cette assistante disparaît à son tour, son véhicule retrouvé au même endroit que celui de la disparue. L'intrigue prend sa source en un lieu inattendu et l'histoire est magnifiquement «ficelée». Tellement bien que le cinéma s'emparera du sujet. Colin Niel est l'auteur de Darwyne, histoire d'un petit garçon infirme des pieds vivant dans un bidonville avec une mère qu'il vénère alors qu'elle est capable de bien des cruautés. Livre magnifique, lui aussi.
A la médiathèque
Coup de cœur


samedi 15 novembre 2025

Nos lectures de Novembre 2025

Etaient présents : Chantal et Roger D.;Monique ;Bernadette ;Madeleine ; Marie Madeleine ;Robert ;Chantal J ;Claudie et Anne Marie

Site de la médiathèque: https://www.facebook.com/mediatheque.bouguenais.44/

;
Chantal D. : La maison vide de Laurent Mauvignier
Il s’agit d’une saga familiale poignante, qui s'étend sur un siècle et traverse les deux guerres mondiales. La Maison Vide, belle maison bourgeoise familiale, fermée pendant vingt ans, garde les traces de ses anciens occupants : un piano, une commode, des photos vigoureusement raturées ou découpées, notamment celles de Marguerite, la grand-mère de l'auteur. On découvre alors l’histoire de Marguerite, à travers celle de sa mère Marie-Ernestine, arrière-grand-mère du romancier :  traumatisée par son mariage arrangé qui la prive de son entrée au Conservatoire de Musique et de ses études, Marie-Ernestine sera incapable d'aimer sa fille Marguerite, qui nait de cette union forcée. Ce quasi abandon de Marguerite sera porteur de hontes à venir lors de la guerre de 39-45. L'écriture est très travaillée avec des phrases qui peuvent courir sur une page. L'auteur a voulu sortir de l'oubli cette femme rejetée par toute la famille. Il dénonce les horreurs de la guerre, le poids du patriarcat et le fonctionnement des sociétés villageoises et bourgeoises. 
Prix Goncourt 2025. 
A la médiathèque
Coup de cœur 


;
Roger : La femme au cheveux roux d'Orhan Pamuk. 
En fin d'adolescence, Cem est embauché par un puisatier pour financer ses études. Nous sommes dans un village proche d’Istanbul. La vie est dure et le point d'eau est un trésor autour duquel la vie s'organise. Dans le cas présent l'installation d'une usine est conditionnée par l'édification du puits. Cem continue d’étudier et de se cultiver. Lorsqu'il va au village il rencontre une comédienne qui joue sous un chapiteau dont il tombe amoureux. Bien plus âgée que lui, elle  remarque la séduction qu'elle opère sur le jeune garçon et va le séduire. Aventure d'un jour qui le laisse rêveur. Paniqué, il disparait en abandonnant son patron accidentellement blessé au fond. Toute sa vie, il reste tourmenté par cet acte. Après une très brillante carrière dans les affaires immobilières, il parcourt les musées et lieux d’histoire avec sa femme qui est stérile. L'histoire d'Œdipe et celle du père tuant son fils virent à l’obsession et ponctuent la vie de ce couple sans enfant. Sa vie va basculer lorsqu'il aura un grand projet sur le lieu même de ses tourments de jeunesse : le fameux puit. Histoire bien construite avec un dénouement bouleversant. Les pensées et les sentiments des personnages sont parfaitement décrits.
A la médiathèque
Coup de cœur 
;
Bernadette : Le roman policier de Philibert Humm.
A Pau, depuis quelques années, disparaissent les U des enseignes ; « chaussures »  se transforme en « cha-ss-res ».. « clinique » en « cliniq-e »  au grand agacement des propriétaires des boutiques et exaspère les passants.
3 personnages, ni policiers, ni journalistes, ni détectives s'improvisent enquêteurs. Philippe HUMM (l'auteur) embarque son complice Vincent DEDIENNE (l'acteur) dans une enquête farfelue ; ils seront rejoints par un 3ieme personnage.
Qui vole les U et pourquoi ? Toutes les hypothèses sont investiguées ; une ancienne parisienne pourrait être la coupable. ?.. un herisson... ? Les magasins U ?
Ce n'est pas un polar haletant, mais on s'amuse des calembours, de l'autodérision et de l'humour des situations.
Lecture divertissante. 
A la médiathèque
Coup de cœur

;
Madeleine : J'emporterai le feu  de Leila Slimani.
3ème tome de la trilogie le pays des autres.
Enfants de  la 3ème génération de la famille Belhaj, Mia et Inès élevées par leurs parents partent en France pour leurs études. Elles découvrent une nouvelle culture, cherchent leur place, et à travers le regard des autres, affrontent le racisme également dans ce monde qui leur parait parfois incompréhensible.
Dernier volet de cette fresque familiale, inspirée de la propre histoire de famille de  l’autrice, ce texte est d’une grande puissance.
A la médiathèque
Coup de cœur
;
Claudie : Miss Islande de Audur Ava Olafsdottir- Ed Zulma.
Les années 60, sur cette île de feu et de glace où conservatisme et patriarcat écrasent toute velléité d'émancipation féminine, Hekla, du nom d'un volcan, jeune femme portée vers l'écriture et la littérature, quitte sa contrée natale pour s'offrir un destin à contre-courant de celui auquel elle était prédestinée .
Invitée avec insistance à briguer le titre de Miss Islande, elle refuse et part avec une petite valise contenant sa machine à écrire Remington, ses manuscrits et son roman en cours. 
"Le lendemain, je me présente à l'hôtel Borg, en pantalon, pour remettre ma démission. Le monde n'est pas comme tu voudrais, rétorque le chef de rang, tu es une femme, il faut bien que tu l'acceptes. "
Elle rencontre un poète qui est jaloux de son talent, elle finira par le quitter pour aller rejoindre son ami marin homosexuel à Reykjavik, Jon John, aussi victime du carcan social. Elle entretient une correspondance avec son amie Isey, tout aussi passionnée de littérature et qui vit avec son mari et ses enfants, enfermée dans sa maison. 
"Je cache mon journal intime au fond du seau dont je me sers pour faire le ménage. Lydurne (son mari) ne comprendrait pas que je passe mon temps à écrire sur des choses qui n'existent plus, le passé, c'est le passé, dit-il. 
Une fois que j'ai écrit dans mon journal, je me sens aussi bien que si j'avais plié tout le linge et fait tout le ménage ".
"Tu vas t'en aller voir le monde et moi, je resterai ici en espérant que le poissonnier emballera mon aiglefin dans un poème ou un roman feuilleton ".
Beaucoup de finesse, d'humour et de sensibilité dans ce roman autour de 3 personnages. 
Incipit : Il faut porter en soi un chaos. Pour pouvoir mettre au monde une étoile qui danse "(Nietzsche), et puis, la forme de ce roman, parsemé de petits poèmes, truffés de références littéraires, aux chapitres courts et aux titres insolites :
Nous sommes tous pareils, des baleines déboussolées et mortellement blessées 
Les astres errants de l'océan 
La musique seule pour parler de la mort 
Nous sommes faits de l'étoffe de nos rêves 
Et puis l'ambiance de la littérature islandaise (J.K.Stefansson..) faite de froidure, de vents, d'océan furieux et de mots mouillés,   A lire sous la couette, dans l'intimité !
A la médiathèque

Marie Annick a rapporté le livre de Sorj Chalendon emprunté à Roger et a témoigné de son enthousiasme. Elle confirme de son côté le coup de cœur

samedi 18 octobre 2025

Nos lectures d'Octobre 2025

Les livres présentés le 18 octobre 2025 à la Médiathèque Condorcet

Étaient présents :
Bernadette, Chantal D., Chantal J., Claudie, Daniel, Didier, Jacques, Marianick, Monique, Roger.