Présentation de la rentrée littéraire le 10 octobre à la médiathèque de Bouguenais
Sélection de Stéphanie de la librairie Coiffard
Stéphanie nous présente 16 romans de cette rentrée littéraire :
Les résumés proviennent de Babelio.
Site Internet : https://www.librairiecoiffard.fr/
![]() | A voix haute de Polina Panassenko. ( Editions l'Olivier ) Elle a vingt ans et veut devenir actrice. Après avoir grandi
en France, elle retourne en Russie chez son grand-père, pour entrer à l’École
du Théâtre National de Moscou. Mais à l’École comme dans sa famille, quelque
chose résiste. Pendant qu’on répète Les Trois Sœurs de Tchekhov, la réélection de Vladimir
Poutine déclenche des manifestations. Le soir, le grand-père commente les
informations. Sa petite-fille l’interroge sur le passé. En guise de réponse, il
pose parfois sous ses yeux une photo, un vêtement, une pièce de monnaie qui a
appartenu à l’arrière-arrière-grand-père. "Voilà, c’est à toi". Des
objets qui vont se transformer en éléments d’enquête. Quels secrets cachent les photos de l’album vert ? Pourquoi ne faut-il pas
parler près de la porte d’entrée ? Pour découvrir ce qu’on ne lui dit pas, la
narratrice devra apprendre à écouter les silences et à poser des questions, à
voix haute. Dans ce roman extraordinaire, voyage au bout de la mémoire, Polina Panassenko
plonge dans l’héritage d’un pays, mettant au jour des vies brisées par le
Goulag et la peur qui se transmet d’une génération à l’autre. Un pays dans
lequel subsiste, malgré tout, l’espoir de liberté et de justice. Prix littéraire "Le Monde" 2026. |
![]() | Le bureau des audacieuses de Mélanie Sadler. ( Editions La Tribu ) Paris, fin du XIXe siècle. Alors que l'affaire Dreyfus
fracture la France et que les femmes qui pensent trop sont enfermées, Séverine
choisit la parole plutôt que le silence, et devient la première femme
journaliste de France. Avec d'autres audacieuses, elle crée un quotidien
entièrement écrit et dirigé par des femmes, inventant un journalisme social et
féministe avant-gardiste. |
![]() | C'était ça ou mourir de Thélyson Orélien. ( Editions Grasset ) Quand dans les rues de Carrefour-Feuilles les coups de feu
et les flammes le somment de partir, Jonas Dorléon n’emporte presque rien : son
diplôme, un cahier de poèmes, une photo de sa mère et un slip propre. Sa vie
entière dans un sac de plastique.Se réfugiant d’abord du côté dominicain de la frontière, il attend dans
l’antichambre d’Haïti que les choses se calment. Sauf que les choses ne se
calment pas. Il faut marcher, encore, toujours. Devenir un migrant. Du Brésil
au Mexique, il enfile les kilomètres, serrant toujours son sac de plastique
contre lui, tantôt à bord d’un autobus surchauffé, tantôt dans les profondeurs
de la jungle avec d’autres sans-papiers qui, autour de lui, tombent les uns
après les autres. Quand enfin il atteint la frontière des États-Unis, ce sont
les agents de l’ICE qui l’attendent. Jonas n’a plus qu’un objectif : quitter ce
pays qui n’a rien de « great again » et gagner le Canada par le chemin Roxham,
cette voie salutaire dont il a tant entendu parler.La plume foisonnante et poétique de Thélyson Orélien fait jaillir la beauté
dans les zones les plus sombres de l’expérience humaine. Il parle la langue de
l’exil, cette langue qui s’apprend « sans grammaire, sans dictionnaire, juste
avec les os et la peau ». Surtout, il révèle une Amérique terrible et violente
sur laquelle notre regard doit s’attarder. |
![]() | Congés payés de Tiffany Tavernier. (Editions Sabine Wespieser) L’été
1937 est celui des premières fois pour Emma, une ouvrière parisienne qui depuis
des années élève seule son fils Julien : premier voyage en train, premières
vacances, première fois face à l’océan. Malgré ses réticences, elle s’est
laissé convaincre par Luis, le meilleur ami de son mari disparu, de prendre ses
quinze jours de congés payés et de partir à Biarritz. Dans le cabanon où Luis, Julien et elle se sont installés, il faudra du temps pour que cette femme, qui n’a connu que le travail et les fins de mois difficiles, parvienne à jouir d’un véritable repos. Alors que la crainte de perdre son poste une fois de retour à Paris la taraude, son corps a bien du mal à oublier les cadences infernales de l’usine. |
![]() | La dame de la Seine de Claire Duvivier. (Editions Aux forges de Vulcain) 1593. Christopher Marlowe, dramaturge excentrique
contemporain de Shakespeare, est une canaille charismatique et un séducteur aux
mille amants. Il est aussi, occasionnellement, espion pour le compte de la
Couronne. À la suite d’une rixe qui a mal tourné, il quitte précipitamment
l’Angleterre pour accompagner son patron, Walsingham le Jeune, dans une mission
de renseignement à Paris. Vingt ans après la Saint-Barthélemy, la ville est
sous la coupe d’une ligue ultracatholique, qui fait régner l’ordre et la peur.
Qu’est-ce qu’un poète en fuite, athée, bagarreur, homosexuel et grande gueule
peut s’attendre à trouver là ? Des ennuis, bien sûr. Et des secrets à mettre au
jour… Meurtres, intrigues et vengeance se mêlent dans La Dame
de la Seine, roman d’aventures trépidant et espiègle, où résonnent aussi
bien les échos de la grande histoire que les émotions des récits intimes. |
![]() | Heures sauvages de Marie Petitcuénot. (Editions Héloïse d'Ormesson) Naples, 1974. Andrea inaugure sa galerie d'art en
introduisant une jeune artiste qui utilise son corps comme médium. Elle lui a
littéralement coupé le souffle lors d'une performance à Belgrade. Ce soir,
aucun invité ne sait ce qui l'attend. Six heures, enfermés, six longues heures,
une table avec des objets, du plus anodin au plus meurtrier, et une liberté
totale d'interagir avec l'artiste. Elle assume l'entière responsabilité de ce
qui se déroulera. L'incrédulité cède la place à l'impatience, l'amusement à
l'agacement, jusqu'à l'irruption de la violence. Tous deviennent alors témoins
de leur propre bestialité. Au risque d'abandonner dans cette salle une part
d'eux-mêmes. |
![]() | Je de Lilia Hassaine (Editions Gallimard) "- Que savez-vous de la beauté, Antoinette ? Il se
tourna vers moi, suspendu à ma réponse. - Pas grand-chose. Mais je sais la reconnaître quand elle est là. - Eh bien moi, chaque fois que je la vois, elle me blesse. Quand je vois votre
visage, par exemple, quelque chose en moi se trouve comme ébranlé." Île de la Jamaïque, 1831. Antoinette Cosway, créole de bonne famille, s'éprend
d'Edward Rochester, un Anglais aussi impénétrable que fascinant. Mais à la
séduction enflammée succèdent rapidement des scènes vénéneuses, où les baisers
sont des blessures, où toute une société livre la jeune femme à son bourreau. Des années plus tard, Antoinette tente de conquérir sa propre histoire. JE se situe à mi-chemin entre roman victorien et thriller intimiste
contemporain. Lilia Hassaine s'est inspirée du personnage de la première femme
de Rochester dans Jane Eyre, le roman culte de Charlotte Brontë. Elle a choisi
de lui donner une voix, un corps, une destinée. |
![]() | Je suis né dans la tempête de Jérôme Colin. (Editions Allary) « Quand le soleil commence à décliner, nous allons derrière
la maison étendre les draps sur la corde. En fin de journée, la lumière bascule
et la campagne entière se couvre d’un voile d’or. Tout semble plus doux, plus
lent. Presque pardonné. Je me dis : voilà ce qu’il faudrait. Recouvrir en
permanence le monde de cette lumière qui berce le sud de l’Italie pendant
quelques minutes sur le coup de dix-neuf heures. » Valério est né le 9 janvier 2007, le même jour que l’iPhone. Il aimerait vivre
sa vie d’adolescent mais autour de lui, tout accélère. Sa mère court entre les
petits boulots, son père tutoie la mort au volant de son Alfa, son meilleur ami
et le quartier de son enfance se métamorphosent. Comment habiter humainement un monde devenu trop rapide ? Au cœur de la
tempête, Valério cherchera une zone de repli. Un endroit, ne serait-ce qu’un
petit endroit, où la vitesse n’entre pas. |
![]() | Ne cherche pas le chaos de Marion Brunet. (Editions Albin Michel) Peut-on aimer sans transmettre ? Pablo, exilé chilien installé en France depuis plus de trente ans, a élevé sa
fille dans l’amour et le silence, prenant soin de lui cacher un passé marqué
par la dictature, la prison et l’exil. Lorsque, à dix-huit ans, Victoria part
seule au Chili, laissant son père sans nouvelles du jour au lendemain, ce
dernier est contraint de revenir dans le pays qu’il a fui. Soudain confronté à
une page terrifiante de sa vie autant qu’à son propre enfermement dans la
douleur, sa quête devient dès lors un chemin de vérité. Avec une économie de mots et une tension magistralement orchestrée, Marion
Brunet signe un roman incandescent où l’intime embrasse l’Histoire, où la
violence politique marque les corps et les liens familiaux, et où la parole
s’impose comme la seule issue pour se réconcilier avec soi-même. |
![]() | Nos vies sauvages de Hemley Boum (Editions Gallimard) « Par temps calme, alors que la mer est d’huile et que les
marins les plus aguerris baissent la garde, il arrive que surgisse une vague
qui parfois atteint trente mètres de haut. Pour pouvoir raconter, il a bien fallu que certains survivent à la vague
scélérate. » Cameroun, 2018. Ndolo Elimbi, avocate lumineuse et héroïque, est emprisonnée
pour s’être élevée contre un pouvoir autoritaire. Au cœur de ce régime, la
redoutable commissaire Zeinabou n’ignore rien de ses faits et gestes, ni de son
amour pour Enow, le charismatique opposant désormais en exil. Mais l’ennemi
n’est pas toujours celui que l’on croit… Dehors, la colère enfle, la répression
se durcit. Ce tableau envoûtant du Cameroun contemporain déroule aussi le destin d’une
Afrique fragile et tend un miroir féroce à toutes les dictatures. Hemley Boum
signe une vaste fresque sur le désenchantement des peuples, les ressorts de la
corruption et la puissance des femmes lorsqu’elles s’allient. |
![]() | Nous aussi d' Anne Godard. (Editions Actes Sud) On fait partie d'une grande famille. On sait qu'on est
privilégiés. On vit ensemble, dans notre immeuble au centre de Paris, on se
retrouve l'été dans notre maison à la montagne. On trouve que c'est normal.
C'est chez nous, c'est à nous, c'est pour nous. On se ressemble, on se compare,
on se confronte, on ne se quitte pas, on se confond, on s'appartient. On ne
sait pas comment dire je, on n'en a pas besoin, puisqu'on est nous. Nous les
enfants, les frères et soeurs, les cousins, les cousines, on partage tout, nos
écoles, nos chambres, nos habits, nos repas, nos jeux, nos bains, nos lits. On
est les membres indissociables du grand corps familial. On n'a jamais vécu
dehors. On ne sait pas ce que c'est. On n'en est pas capables. On n'en a même
pas envie. Et tout aurait dû continuer ainsi, dans un même immuable
recommencement. Le jour où la façade s'est fissurée, on n'a pas compris. Ça
n'aurait pas dû se produire, pas dans notre famille. Ce n'était pas possible
que ça nous arrive, à nous aussi.
Prix des libraires de Nancy 2026. |
![]() | Les ombres de l'exil de Jeanne Pham Tran. (Editions Mercure de France) Ama est la grand-mère paternelle de Jeanne Pham Tran. Née en
Chine du Sud, au début du XXe siècle, elle travaille dans les rizières dès ses
5 ans. Pour survivre, elle fuit son pays natal : en 1934, quitte les campagnes
chinoises surpeuplées pour se réfugier à Saïgon, au Vietnam. Mariée à un paysan
endetté, Ama ne ménage pas sa peine : bonne à tout faire, aide-cuisinière,
femme de chambre, nourrice, blanchisseuse, elle est dure à la tâche. Quand elle trouve un emploi chez l’impératrice d’Annam, pour
s’occuper de ses cinq enfants, son avenir s’éclaircit. Mais le répit est bref ! Quand la famille impériale vietnamienne doit s’exiler, Ama la suit et
débarque à Marseille en 1947… avant de s’installer à Paris. En France, Ama est
une Mère Courage et travaille d’arrache-pied pour que ses enfants puissent
avoir un avenir meilleur. Pour sa petite-fille, l’histoire d’Ama est une légende, un conte chinois, un
roman d’aventures… Des aventures que Jeanne Pham Tran restitue avec beaucoup de
pudeur et d’émotion. Au présent et à la deuxième personne du singulier, en s’adressant directement à elle, la rendant ainsi plus
que jamais vivante. Grâce à cette grand-mère Jeanne Pham Tran s’interroge aussi sur son métissage
asiatique : son roman grave, vif et parfois drôle, est un hommage émouvant autant qu’une quête des origines. |
![]() | Le pays des étés de Pierre Adrian. (Editions Gallimard)) « Ce pays était celui de mon bonheur. Ce sentiment se
passait d’explication ; c’était une intuition, un consentement, et la
survivance des jours heureux de l’enfance quand, allongé sur la pelouse grasse
encore trempée de rosée, j’écoutais le bruissement du vent dans les arbres.
Prêt à pleurer, j’avais déjà le cœur serré devant une joie si facile. J’appris
plus tard, en apprivoisant l’absence, que les lieux que nous aimons nous aident
à supporter un grand chagrin. Ils réparent, et la mer où qu’elle soit console.
La mer console toujours. » Alors que sa grand-mère vient de mourir, le narrateur retrouve sa famille dans
la maison bretonne de son enfance. Peu après, celle-ci est mise en vente. Entre
sentiment de dépossession et trouble provoqué par les nouveaux occupants, une
menace plane désormais sur le pays des étés… Après le succès de Que reviennent ceux qui sont loin, Pierre Adrian signe un
roman d’une beauté déchirante sur les lieux qui nous habitent et les souvenirs
qui nous font. |
![]() | Les petits courages de Sabrina Delarue. (Editions Le Sonneur) Il y a Louise, mère constamment débordée, qui a peur de ne
pas être à la hauteur. Et Maria, qui se relève, avec sa dignité habituelle, de
la maladie. Il y a aussi Iris, qui se demande comment trouver l’amour quand on
est infirmière de nuit. Et puis Carmen, qui cherche sa place auprès de ses
parents, avec toute la puissance de sa douceur. Enfin il y a Amira, étudiante
qui fuit une brillante carrière en enchaînant petits boulots et missions
d’intérim. Cinq femmes, cinq destins reliés par un lien invisible : le roman L’Art de la
joie de Goliarda Sapienza. Dans Les Petits Courages, Sabrina Delarue explore avec humour et tendresse les
métamorphoses silencieuses et les luttes intimes qui transforment une vie. |
![]() | Rouge-Truites de Pierric.Bailly (Editions P.O.L.) "Quand Leo m’a tout raconté, je l’ai traité de menteur,
et pourtant je l’ai cru tout de suite. Pourquoi il aurait inventé ça, comme ça,
cette histoire de dingue ?" Fin des années 1980, dans le Vercors. Deux couples de frères et soeurs se lient
d'amitié. 1998. Le père de Paloma et Léo est retrouvé mort, une balle dans la
tête. Les enfants, eux, ont disparu. Leurs amis, Cédric et Delphine, sont
bouleversés. Cet événement leur rappelle la disparition de leur professeur de
gymnastique quelques années plus tôt. Dans les années 2020, Paloma réapparaît. |
![]() | La rue de Robert Seethaler (Editions Sabine Wespieser) La rue de la Lande est une rue banale, en périphérie d'une
ville non-définie. Pourtant, sous l'oeil observateur et désabusé d'un vieil
antiquaire, elle évolue. Au fil des années, de nombreux habitants y défilent :
des pensionnaires d'une maison de retraite, une jeune fleuriste, une jeune
femme résidant dans l'appartement de sa tante décédée, entre autres. |













































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