samedi 15 mars 2025

Nos lectures de Mars 2025

Etaient présents  : Bernadette, Chantal D., Chantal J., Claudie, Daniel, Didier, Isabelle, Marie-Geneviève, Marie-Madeleine, Roger.

Prochaine rencontre : Samedi 5 avril2025

Site de la médiathèque: https://www.facebook.com/mediatheque.bouguenais.44/

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Bernadette La Cité aux murs incertains de Haruki Murakami ; traduit par Hélène Morita Ed. Belfond, 2025
Ce nouveau roman de Murakami comprend 3 parties qui correspondent entre elles par le fil conducteur du narrateur,
1ère partie : le narrateur, jeune lycéen de 17 ans est éperdument amoureux d'une jeune fille de 16 ans. Le récit de cette relation est poétique ; les lieux de rendez-vous sont décrits avec détails ; les arbres sont verdoyants... Les oiseaux chantent... Murakami détaille un environnement « réel ».
Puis l'histoire « bascule » quand la jeune fille dit au narrateur « le vrai Moi bien vivant se trouve dans la cité aux murs incertains... le Moi qui est là devant toi ce n'est pas le vrai ; ce n'est qu'une doublure, quelque chose comme une ombre mouvante... » La jeune fille disparaît et le narrateur n'aura de cesse de retrouver sa bien aimée.
Le récit nous emporte ensuite dans un monde « irréel » où le narrateur franchit le mur de la cité aux murs incertains... le « gardien » lui retire son ombre et voile ses yeux, conditions pour devenir le « lecteur de rêves » et approcher son amoureuse qui travaille dans une bibliothèque. Le monde de la cité est étrange ; peuplée de fantômes, d'animaux imaginaires, d'horloge sans aiguilles... l’atmosphère est pesante. Les personnages ne communiquent pas entre eux.
Le narrateur s'enfuit d'une façon aussi étrange qu'il est entré.
2e partie : le narrateur est adulte, il essaye de construire sa vie sans oublier son amie. Il devient directeur d'une bibliothèque en campagne. Murakami joue avec le réel et l'irréel ; le narrateur est en contact avec le directeur précédent (son fantôme) qui lui rappelle les souvenirs de son passage dans la cité. Il veut retourner dans la cité ; en même temps, à la bibliothèque, un nouveau personnage l'intrigue et lui apporte des indices troublants en rapport à la Cité.
3e partie : cette fois, le narrateur, accompagné du jeune de la bibliothèque, retourne dans la Cité ; ils finiront par devenir une personne « dédoublée » . l'un restera dans la Cité, l'autre fuira.
Murakami a écrit une première fois il y a 40 ans une version des Murs incertains ( La fin des temps ; roman datant de 1985).
Murakami nous entraîne dans des atmosphères étranges et poétiques ; dans un monde réel et irréel, envoûtant. Dans ce roman, on retrouve les thèmes chers à Murakami : la solitude, la mélancolie, la recherche identitaire, l'amour impossible.
Il faut se laisser emporter dans cette lecture qui peut paraître difficile, mais riche en questionnements.
A la médiathèque
Coup de cœur 
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Chantal D. Sdisparition inquiétante d’une femme de cinquante six ans d'Anne Plantagenet.. .Seuil 2024. (Cadre rouge)
Grâce à Anne Plantagenet, l'histoire de Letizia Storti, fille d'immigrés italiens, ouvrière très investie, ne sera pas oubliée. Cette femme a travaillé à la chaîne pendant trente-six ans, représentant sur une longue durée ses collègues en tant que déléguée syndicale. Grâce à son aplomb, son engagement, elle sortira un peu de l'anonymat, en tenant un rôle de délégué dans le film «En guerre» de Stéphane Brizé, avec Vincent Lindon. Un peu de rêve dans sa vie, car le film sera sélectionné pour le Festival de Cannes. Plus tard, avec son poignet cassé et ses ennuis de santé, elle sera déplacée de poste en poste dans son entreprise. Elle est devenue travailleuse handicapée. Elle craint de perdre son travail. C'est une femme broyée dans ce monde déshumanisé. Après un séjour en clinique, elle disparaîtra en juin 2022.
A la médiathèque
Coup de cœur 
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Chantal J. 3 minutes 25 de bonheur de François Morel. Denoël, France-Inter, 2023. (Humour)
Sur la 4e de couverture, je lis et j’adhère « François Morel a l’art de nous rappeler entre une ode à la poésie des bancs publics, un plaidoyer enflammé pour les personnes âgées et la découverte d’une nouvelle planète, les valeurs fondamentales du quotidien et de la vie »
Bref des mots pour nous sauver des maux de la vie présente !
Chantal nous a lu deux chroniques de François Morel choisies dans ce livre
A la médiathèque 


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Claudie: Neverhome de Flaird Hunt ; traduit par Anne-Laure Tissut. .Actes Sud, 2015. (Lettres anglo-américaines)
Guerre de Sécession, 1860, côté confédérés ;
Dans une ferme de L'Indiana, Bartholomew, l' époux de Constance, est appelé à rejoindre l'armée de l'Union, mais du fait de sa santé fragile, Constance décide de se travestir en homme et de prendre la place de son compagnon sous le nom d'Ash Thompson,
"J'étais forte, lui pas, ce fut donc moi qui partis au combat pour défendre la république "
Constance, cheveux coupés, pantalon, poitrine bandée, raconte sa guerre.
Neverhome (jamais à la maison), c'est son histoire, l'histoire d'une guerre impitoyable, d'une femme dans la guerre et d'un retour difficile chez soi. Resté à la ferme, Bartholomew reçoit des lettres maladroitement aimantes de sa femme qu'il pense ne jamais revoir.
Soldat de l'Union, "le galant Ash" comme la surnomme la troupe, avance, juste un homme comme un autre, tire, assiste à des horreurs, sauve des vies, se retrouve prisonnière, blessée, affamée, mourante, à l'asile où finissent les corps trop abîmés où ces femmes brutalement accusées d'espionnage ou de haute trahison. Ce sont des hommes qui commandent et décident.
"De femme avec un fusil entre les mains, il n'en est pas une seule dans cette pile de livres que j'ai. Dans ces histoires, les femmes sont des saintes ou des anges et les hommes d'une espèce noble et généreuse, tout ce qu'ils font, ils le font vite et bien et sans la moindre odeur de sang ".
Beau portrait d'une femme qui mène tous les combats en première ligne.
à la médiathèque
Coup de cœur 
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Daniel Bristol de Jean Echenoz. Ed. de Minuit, 2025
Voilà un livre brillant, plein d'humour, d'une prose déroutante, de digressions savantes. Des rebondissements à n'en plus finir!
Le lecteur se laisse emporter par les frasques du héros Bristol, metteur en scène de cinéma, de seconde zone, de série B. Il tourne enfin, après de longues négociations, son prochain long métrage. Il traverse la vie avec bonhomie, avec optimisme. Il accepte les revirements, les catastrophes et retombe toujours sur ses pattes. On sourit, on rit, on s'esclaffe à la lecture de ce roman et on se laisse entraîner dans les folles aventures de Bristol... certainement demain sur vos écrans. Attention, sortez vos dictionnaires, car certains mots, certaines expressions sortent du diable Vauvert, comme disent les turfistes.
à la médiathèque
Coup de cœur 

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Marie-Geneviève Le bord du monde est vertical de Simon Parcot .Ed. Le mot et les reste, 2022
Premier roman
La cordée est une équipe de montagnards qui va au secours des habitants isolés, par tous les temps.
Au coeur de la vallée des glaces, ils affrontent une tempête de neige pour rejoindre le Reculoir, dernier hameau de la gigantesque montagne dont nul n'a jamais pu atteindre le sommet.
Gaspard, leur chef, fou de montagne, rêve de gravir "la Grande" et enflammé par les dires du Père Salomon, décide de tenter la grande ascension. " Côtoyer la mort, c'est ce qui me fait aimer la vie".
Livre philosophique et poétique sur le dépassement de soi, la nature, la vie.
Coup de cœur 
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Marie-Madeleine : Nos armes de Marion Brunet. Albin Michel, 2024
En 1997, Mano et Axelle, passionnées et révoltées, évoluent dans le milieu engagé et militant d’une ville étudiante.
Elles rêvent d’un autre ordre social tout en sentant naître entre elles un amour fou.
Un jour, elles participent à un braquage qui tourne mal . Un policier est tué, l’une d’entre elles écope d’une lourde peine de prison. Vingt-cinq ans plus tard, Mano attend sur les marches de sa caravane, car une femme la cherche.
Un roman prenant, un coup de cœur.
à la médiathèque
Coup de cœur 
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Roger Un Avenir radieux de Pierre Lemaitre Laurent. Calmann Levy. Stock, 2025
Troisième tome de la saga sur la famille Pelletier. Le fils François, journaliste, va accompagner une délégation de patrons français en Tchécoslovaquie communiste. Approché par les services secrets il doit aider à exfiltrer un agent tchèque en France. Il y sera découvert, arrêté, torturé et ses proches se démèneront pour le faire revenir au pays. Un autre fils Bouboule, toujours aussi introverti et sous la coupe de Geneviève, sa redoutable épouse, va recommencer à assassiner une femme sur une impulsion imprévisible. Sa fillette, Colette, connaît bien des péripéties entre l'indifférence agressive de sa mère Geneviève, ses tendres grands parents et leur voisin violeur. Des récits toujours aussi captivants.
Pas encore présent dans les collections



Didier : La Lumière qui traverse la ville de Grégory ValtonAuto édition, 2025
Grégory Valton a longtemps été photographe. Sa démarche est maintenant plus polymorphe, mais cherche toujours à explorer et à réactiver des mémoires collective et individuelle, la sienne et celle des autres. Dans ce petit livre de 48 pages, dont la maquette a été fabriquée à la main à partir d’un texte découpé et collé sur les images au cours de l’automne 2024, il nous conte sa quête pour restituer un cadeau, gage d’amour entre deux personnes trop tôt disparues. « C’est l’histoire de deux corps amoureux, âgés de vingt-cinq années, qui se sont percutés au printemps mille neuf cent quatre-vingt-dix-huit, soit neuf années après la chute des Ceaușescu à Târgoviște. » Textes et photos se répondent parfaitement, chacun complétant le point de vue.
Voir le livre à la médiathèque de Grégory Valton

samedi 8 février 2025

Nos lectures de Février 2025

Etaient présents  : Chantal D., Claudie, Didier, Eric, Isabelle, Madeleine, Roger, Marie-Geneviève, Marie-Madeleine, Monique.

En ce qui concerne la lecture commune, c'est le roman de Roberta Recchia, La Vie qui reste, qui a été choisi (5 votes) suivi de Terres promises de Bénédicte Dupré La Tour (3 votes). Faïel et les histoires du monde de Paolo Bellomo ainsi que Ecouter les sirènes ont obtenu 2 votes. Demi-volée de Chetna Maroo n'a obtenu aucun vote (personne n'aime le squash ! 

Prochaine rencontre : Samedi 15 mars 2025

Site de la médiathèque: https://www.facebook.com/mediatheque.bouguenais.44/

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Chantal D. Si tu regardes lontemps la terre de Jean-Pierre Siméon. Ed. Rue du monde, 2024
Magnifique album pour tous.
« Celui qui voit la mer dans une flaque ou un chat dans un nuage ne s’ennuiera jamais»
«Il n'est de bonheur que s'il fait le bonheur de l'autre »
A la médiathèque
Coup de cœur 
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Claudie Ecouter les sirènes de Fabrice Melquiot. .Ed. Actes Sud, 2024. Premier Roman 
« Suzanne t'emmène écouter les sirènes
Elle te prend par la main
Pour passer une nuit sans fin... »
Léonard Cohen
Ce road movie existentiel est inspiré du témoignage de Suzanne Verdal, à qui Léonard Cohen dédia l'une de ses plus célèbres chansons.
Portland, Los Angeles, Albuquerque et le Colorado, Jodie, la fille de Suzanne, apprend par la bouche de son père bien aimé, avant qu'il ne meure, qu'il n'est pas son père biologique, la plus grande partie du roman, c'est le voyage initiatique de Jodie, vers la rencontre avec ce père.
On traverse six décennies, de 1960 à nos jours. Le ton est burlesque, enlevé et impertinent avec des références culturelles intéressantes, une lecture bien plaisante.
Coup de cœur 
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Didier Stella et l’Amérique de Joseph Incardona. Ed. Finitudes, 2024
Stella guérit les malades et fait se lever les paralytiques. Une sainte, donc, et américaine qui plus est. Le Saint-Siège ne pouvait espérer mieux pour sa renommée. Cependant, il se trouve que Stella est une prostituée qui réalise ses miracles en procurant du plaisir. Pour le Vatican, il est urgent que cette sainte devienne martyre ! Aussi, deux affreux se lancent à la poursuite de Stella, aidée dans sa fuite par un prêtre qui a un passé de navy seal !
Avec beaucoup de folie, des bagarres, une touche de poésie, une généreuse portion d’humour noir, des protagonistes excentriques (à l’instar de ceux créés par Donald E. Westlake), Joseph Incardona nous entraîne dans un voyage à travers une Amérique aux contrastes saisissants, allant des fêtes foraines aux excès du bling-bling de Las Vegas. Il tire a tout-va sur le capitalisme, la religion et le puritanisme, rien ni personne n'est épargné. Une comédie
Coup de cœur 


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Isabelle : La propagandiste  de Cécile Desprairies .Ed. Du Seuil, 2023
Premier Roman
Cécile Desprairies raconte la vie de sa mère Lucie, collaboratrice, militante nazie, antisémite pendant la guerre de 40.
Dans ce roman biographique historique, elle nous raconte la vie de Lucie, femme intelligente, opportuniste avide d'argent, qui a participé au développement de la propagande nazie pendant la guerre. Elle est restée convaincue par cette idéologie toute sa vie.
L'auteur, à l’aide de faits historiques, raconte la vie et la personnalité de ces collaborateurs pendant la Seconde Guerre et comment elle a déconstruit ces mensonges familiaux.
Lecture très intéressante et documentée
à la médiathèque
Coup de cœur 
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Madeleine Je suis de nulle part. Sur les traces d’Ella Maillart de Olivier Weber. Ed. Payot, 2024. - (Petite Bibliothèque Payot)
Née à Genève en 1903, Ella Maillart, intéressée très jeune par les sports et les récits d'aventures, rêve de fuir une Europe égoïste. À l'adolescence, elle part sur mer d'abord, puis à travers les steppes et les monts d'Asie Centrale à la recherche des nomades. Elle ira en Chine, en Afghanistan, en Inde, traversant des contrées dangereuses toujours avec ténacité, et ce qui lui importe c'est la rencontre de l'autre.
L'auteur Olivier Weber, grand reporter, écrivain engagé, fasciné par cette femme libre et nomade, décide de partir sur ses traces pour mieux la connaître. Il croise le récit biographique avec son propre itinéraire sur les lieux qu'elle a traversés, à la recherche des personnes qui ont pu garder un souvenir d'elle. Réflexions sur le nomadisme, sur la modernité occidentale suicidaire et sur le voyage intérieur.

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Marie-Geneviève Le bord du monde est vertical de Simon Parcot .Ed. Le mot et les reste, 2022
Premier roman
La cordée est une équipe de montagnards qui va au secours des habitants isolés, par tous les temps.
Au coeur de la vallée des glaces, ils affrontent une tempête de neige pour rejoindre le Reculoir, dernier hameau de la gigantesque montagne dont nul n'a jamais pu atteindre le sommet.
Gaspard, leur chef, fou de montagne, rêve de gravir "la Grande" et enflammé par les dires du Père Salomon, décide de tenter la grande ascension. " Côtoyer la mort, c'est ce qui me fait aimer la vie".
Livre philosophique et poétique sur le dépassement de soi, la nature, la vie.
Coup de cœur 
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Marie-Madeleine : Nos armes de Marion Brunet. Albin Michel, 2024
En 1997, Mano et Axelle, passionnées et révoltées, évoluent dans le milieu engagé et militant d’une ville étudiante.
Elles rêvent d’un autre ordre social tout en sentant naître entre elles un amour fou.
Un jour, elles participent à un braquage qui tourne mal . Un policier est tué, l’une d’entre elles écope d’une lourde peine de prison. Vingt-cinq ans plus tard, Mano attend sur les marches de sa caravane, car une femme la cherche.
Un roman prenant, un coup de cœur.
à la médiathèque
Coup de cœur 
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Roger Un Avenir radieux de Pierre Lemaitre Laurent. Calmann Levy. Stock, 2025
Troisième tome de la saga sur la famille Pelletier. Le fils François, journaliste, va accompagner une délégation de patrons français en Tchécoslovaquie communiste. Approché par les services secrets il doit aider à exfiltrer un agent tchèque en France. Il y sera découvert, arrêté, torturé et ses proches se démèneront pour le faire revenir au pays. Un autre fils Bouboule, toujours aussi introverti et sous la coupe de Geneviève, sa redoutable épouse, va recommencer à assassiner une femme sur une impulsion imprévisible. Sa fillette, Colette, connaît bien des péripéties entre l'indifférence agressive de sa mère Geneviève, ses tendres grands parents et leur voisin violeur. Des récits toujours aussi captivants.
Pas encore présent dans les collections

mardi 28 janvier 2025

Nos lectures de Janvier 2025

Etaient présents  : Bernadette, Chantal D., Chantal J., Claudie, Daniel, Didier, Isabelle, Jacques, Madeleine, Roger

Prochaine rencontre : Samedi 8 février 2025

Site de la médiathèque: https://www.facebook.com/mediatheque.bouguenais.44/

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Bernadette : Traverser les montagnes et venir naitre ici de Marie Pavlenko. Ed. Les Escales, 2024
Astrid décide de partir seule. Elle laisse toute sa vie matérielle derrière elle. Elle a quarante ans et vient de vivre un drame familial. Son mari et ses 2 enfants sont morts lors d'un accident de voiture. Elle est désespérée ; refuse de vivre entourée de tous ses souvenirs matériels. Elle achète une maison isolée dans un hameau en région montagneuse et sauvage du Mercantour. Elle emporte un carton marqué d'une croix rouge. Elle s'habitue petit à petit dans ce lieu rude ,et sympathise avec une voisine.
L'autrice nous embarque en parallèle sur les chemins enneigés, insécures, où souffrent Soraya (17 ans) et sa tante. Elles fuient leur pays, la Syrie, leur famille, leurs amis ; elles veulent rejoindre la France. Soraya porte dans son ventre le fruit d'un viol ; le parcours est jonché de souffrances ; la tante meurt de froid et de faim ; Soraya arrivera au hameau où habite Astrid.
Les 2 femmes vont se rencontrer « s'apprivoiser » ; partager leurs douleurs, leurs souvenirs... elles vont essayer de partager leur quotidien. L'enfant va naître chez Astrid. Quel sera son avenir ?
Ce roman est écrit avec douceur, malgré les souffrances qu'ont vécues ces 2 femmes. Marie Pavlenko est une poétesse ; elle commence toujours ses chapitres avec un extrait de poésie.
A la médiathèque
Coup de cœur 
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Chantal D. Madelaine avant l’aube de Sandrine Colette .Ed. JC Lattès, 2024 - Prix Goncourt des lycéens 2024
Le roman n'est pas situé dans le temps. Ce pourrait être un conte très noir. Sandrine Collette nous décrit la vie des paysans, le travail éprouvant, la lutte contre la faim, le froid et la pluie. Les famines sont terribles. On vit dans le malheur, la résignation. On craint le châtelain, propriétaire des terres, et surtout son fils, très violent. Dans ce hameau de quelques maisons, arrive une petite orpheline. On ne sait d'où elle vient. Elle est confiée à la vieille Rose puis à Ambre qui ne peut pas avoir d'enfant. On sent qu'elle va perturber la vie des familles par son refus de se résigner et ses colères face aux nombreuses injustices dans ce monde rural qui ne se révolte jamais. Elle sera aimée par les femmes, Ambre et Aélis, et par les enfants. Ce sera elle qui luttera contre le fils du châtelain, agressant régulièrement les femmes des hameaux. Elle le tuera, après un viol de plus, et devra aussitôt quitter le hameau pour dix années. La description de la nature est très précise, superbe même. Un roman qui donne sa voix à l’insoumission.
A la médiathèque
Coup de cœur 
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Chantal J. La Douceur de l’eau de Nathan Harris ;traduit de l’anglais (Etat-Unis) par Isabelle Chapman. Ed. Gallimard, 2024
Premier roman
A la fin de la guerre de sécession l’ esclavage est aboli. Néanmoins les propriétaires de plantations et habitants de la ville d’Old Ox (Géorgie) ont bien du mal a considérer et respecter ces hommes désormais libres. Prentiss et son frère Landry, à la recherche d’un emploi et d’un toit, rencontrent Georges Walker (un fermier voisin de leur ancienne plantation) et sa femme Isabelle, un couple bouleversé par l’annonce récente du décès de leur fils Caleb au combat. Embauchés par le fermier, des liens de confiance se tissent entre ces êtres fragiles. Si Prentiss et Landry se sentent en sécurité chez Georges, ils restent exposés à la colère et rancoeur des planteurs, qui ne souhaitent que le retour de l’ordre ancien…
Une écriture très cinématographique, où le suspense nous tient en haleine tout au long du livre. Un puissant roman, sur les prémices d'une liberté que l'on aurait tort de croire acquise par simple décret anti-esclavagiste.
A la médiathèque
Coup de cœur 


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Claudie : La petite bonne  de Bérénice Pichat .Ed. Les Avrils, 2024
Dans un huis clos fascinant, B.Pichat met en scène un estropié de la Grande Guerre et une petite bonne. Un roman à la narration débridée et poétique.
Tranchées de la Somme, 1916. " Soit tu tues, soit tu meurs..". Blaise, le musicien, aurait aimé y laisser sa peau.
"II est revenu/c'est vrai/mais quel retour/quand il se découvre mutilé/il meurt une deuxième fois/et ça dure/il continue à mourir/il n'en finit plus d'agoniser/peu à peu/tous les jours/il s'étiole sans fin "
Un chirurgien fougueux fera de lui son "chef d'oeuvre ", il le transformera en homme hybride, la gueule de travers, des pinces en place de mains, les jambes coupées. C'est sa femme qui l'accompagne en permanence, comme un sacerdoce, un jour, elle part rejoindre des amis à la campagne et confie son mari à la petite bonne.
Avec sa scansion légère, rapide, parfaitement rythmée, chaque personnage livre ses pensées à tour de rôle, 1re, 2e ou 3e personne, B.P met face à face deux estropiés de la vie, Blaise et la petite bonne et parvient à dire tout de l'humanité et de la lutte des classes.
C'est la rencontre de ces deux êtres qui d'abord, se méfient et se défient dans un mélange de dégoût et de fascination, puis, un jour, chacun osera montrer à l'autre ses blessures, celles de la guerre pour Blaise et celles des miséreux pour la jeune femme. B. Pichat parvient même à entourer cette relation de sensualité, pure coimme un rêve d'amour et ce, au travers de la musique. La fn redonnera place au réel et à la position sociale de chacun .
à la médiathèque
Coup de cœur 
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Didier. : Retour sur un départ manqué de Grégory Buchert. Joca Seria éd., 2024
Philippe Stella, un écrivain et professeur aux Beaux-Arts, se retrouve immobilisé, un matin devant chez lui, car sa Twingo refuse de démarrer. En attendant le garagiste, il s'occupe son temps comme il peut, fait le ménage dans la Twingo et laisse libre cours à ses pensées et à ses souvenirs, ses quarante ans d'écriture et de résidence dans ce village à quelques encablures du lac de Grand-Lieu.
Gregory Buchert a écrit ce texte à la suite d'une résidence d'auteur organisé par l'association l'Esprit du lieu, qui met en oeuvre des projets artistiques et culturels en lien avec les communes autour du lac de Grand-Lieu. À travers un court récit à la seconde personne du singulier (comme dans "Un Homme qui dort" (Georges Perec, 1967) Gregory Buchert dessine le portrait d'un lieu chargé d'écritures, une sorte de "tentative d'épuisement" perecqiuienne de Grand-Lieu, un clin d'oeil à ses prédécesseurs qui ont aussi témoigné de ce paysage.
à la médiathèque
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Isabelle : Sur l'île d' Elizabeth O’Connor; traduit de l’anglais par Claire Desserey. Ed. JC Lattès, 2024
Premier roman
En 1938, Manod, jeune fille de 18 ans, vit sur une très petite ile au large du Pays de Galles, habitée par quelques familles qui subsistent difficilement grâce à la pêche. Sur cette ile les habitants parlent le gallois, ils ont conservé beaucoup de traditions celtiques. Manod vit avec son père et sa petite soeur. Très bonne élève, elle parle l'anglais et rêve de devenir enseignante et de partir vivre sur le continent.
Alors que les rumeurs d'un risque de guerre se font de plus en plus fortes, une baleine s'échoue sur une plage. Deux jeunes d'ethnologues, un homme et une femme, arrivent pour étudier les comportements des iliens, leurs traditions... Ils embauchent Manod qui parle couramment l' anglais pour leur servir d'interprète. C'est l'occasion pour cette jeune fille d'en apprendre plus sur la vie sur le continent. Elle découvrira la cruauté des rapports sociaux qui s'apparentent plus à de la prédation.
Premier roman écrit avec finesse. L'auteur décrit avec beauté ces paysages, cette vie d'ilien. Ce roman dépeint la vitalité de Manod, son intelligence et la ténacité qu'elle va déployer pour s'affranchir de son sort sur l'ile. Lecture émouvante.
Coup de cœur 
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Isabelle : Badjens de Delphine Minoui. Ed. du Seuil, 2024
L'auteur décrit le formidable élan contre le sort des femmes sous l'écrasant pouvoir des mollahs, de son père de ses frères, au travers de la vie de cette jeune fille de 16 ans indocile et courageuse. Texte qui décrit avec brio les souffrances de la jeunesse d'aujourd'hui en Iran.
Texte très fort et émouvant.
à la médiathèque
Coup de cœur 
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Jacques Le voyage en Algérie : anthologie de voyageurs français dans l'Algérie coloniale 1830-1930 : introduction, chronologie, répertoire des voyageurs, glossaire, index de Franck Laurent. Ed. R Laffont, 2008
Résumé éditeur :
La prise d'Alger par les troupes du général de Bourmont en 1830 inaugure cent trente-deux ans de présence française sur l'autre rive de la Méditerranée. Elle marque également les débuts d'une abondante littérature coloniale autour de l'Algérie, qui est, d'une certaine façon, notre plus proche Orient. Nombreux sont ceux, journalistes, officiers, députés ou ministres, qui font le voyage et en reviennent séduits par la richesse des couleurs et des paysages. Des écrivains aussi traversent la mer pour découvrir le rivage algérien et ses ruines romaines, les plaines fertiles du Tell, les villages de Kabylie, les grands espaces sahariens, l'épure des dunes, les ciels étoilés et le réconfort des oasis. Gautier, Dumas, Fromentin, les Goncourt, Maupassant, Gide, Eberhardt et Montherlant, parmi bien d'autres auteurs méconnus ou oubliés, consacrent ainsi à l'Algérie des pages mémorables ou pittoresques. Mais un pays, c'est avant tout un peuple, et les écrivains-voyageurs le font vivre : d'abord le peuple algérien avec ses croyances, ses coutumes, ses modes de vie, ses mystères aussi, puis " un peuple neuf ", celui des Français d'Algérie. De tonalités diverses - épiques ou esthétiques, lyriques ou satiriques, fondées sur l'expérience aventureuse et sombre de la conquête ou sur les aléas balisés des premières expéditions touristiques -, toutes ces relations de voyage expriment l'impact émotionnel de ce pays, l'Algérie, sur ceux qui sont venus le découvrir et le raconter. Tous portent témoignage du fait colonial. Leurs propos, bien moins univoques qu'on ne l'imagine parfois, ne sauraient se résumer à l'expression d'une quelconque " voix de l'impérialisme ". Du débarquement de Sidi-Ferruch aux cérémonies du Centenaire, les textes, ordonnés selon le principe chronologique, retracent une histoire toujours passionnée, qui continue de faire battre les coeurs sur les deux rives de la Méditerranée.

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Madeleine. Jacaranda de Gaël Faye. Ed. Grasset, 2024
Milan est en classe de sixième quand le génocide des Tutsis est perpétré par les Hutus au Rwanda. De ce pays loin de sa vie à Versailles, il ne connaît que le nom et les images de massacres diffusées à la télévision. Sa mère, une Rwandaise installée depuis une vingtaine d'années en région parisienne, ne lui a jamais partagé son histoire. Mais la médiatisation du génocide suscite les interrogations du jeune garçon.
D'un premier voyage à l'adolescence à sa progressive intégration dans les rues de Kigali, Jacaranda suit la rencontre de Milan avec le Rwanda, sa famille, son histoire. Il lui faudra des années et de nombreux voyages et séjours pour découvrir le pays et en percer les silences.
Gaël Faye s’appuie sur quatre générations pour raconter cette histoire terrible du Rwanda, il explore les racines coloniales du génocide des Tutsis, remonte l’histoire politique, religieuse et s’intéresse à la difficile reconstruction du pays, aux traumatismes de la population, mais aussi à la volonté du dialogue et du pardon.
A la médiathèque
Coup de cœur 
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Roger Une Femme a disparu de Anne-Sophie Stefanini. Ed. Stock, 2024
Une écrivaine ayant vécu dix années d'une grande histoire d'amour au Cameroun avant de regagner la France est invitée à Yaoundé pour parler de son dernier livre qui narre l'histoire d'une Camerounaise disparue, comme tant d'autres, dans les geôles du régime. Tout au long de l'histoire, elle va être en quête de son amour passé. Elle va en faire la recherche par tous les moyens. Son récit sera ponctué par des odes à l'amour perdu. En fait elle vit une nostalgie obsessionnelle. Le journaliste qui la reçoit n'aura de cesse, de son côté, de connaître le destin de l'héroïne du roman. Des allers-retours entre la France et le Cameroun et la passion du journaliste feront avancer les recherches.
A la médiathèque
Coup de cœur 

samedi 14 décembre 2024

Nos lectures de Décembre 2024

Etaient présents  : Bernadette, Chantal,  Roger, Daniel, Isabelle, Didier, Madeleine, Monique, Claudie, Robert.

Prochaine rencontre : Samedi 18 janvier 2025

Site de la médiathèque: https://www.facebook.com/mediatheque.bouguenais.44/

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Bernadette : Kafka sur le rivage de Haruki Murakami
Le jour de ses 15 ans, Kafka, adolescent décide de fuguer de son domicile où il vit seul avec son père sculpteur qui le délaisse et l'a accablé d'une terrible prédiction : « tu tueras ton père, violeras ta mère et ta soeur », malédiction de l’oedipe, la mère de Kafka l'a abandonné quand il avait 4 ans. Elle a disparu avec sa soeur et n'a jamais donné de ses nouvelles. Kafka a très peu de souvenirs d'elles. Kafka fugue aussi pour les retrouver ; toute rencontre féminine est une possible mère ou une possible soeur. Ecrit comme cela l'histoire paraît « simple », cependant MURAKAMI a une imagination fertile qui nous embarque dans différents mondes ; quelle est la part du réel et de l'imaginaire ? Avec des situations ubuesques et improbables ; On croise Nakata, personnage particulier qui parle aux chats et aux pierres et recherche une explication à ses origines... Une bibliothécaire androgyne détentrice de secrets et qui va protéger Kafka...Qui a assassiné son père ? Va-t-il coucher avec sa mère et sa sœur ? Que vient faire ce tableau d'un enfant qui regarde la « mer » ? 
Dans tout ce labyrinthe, on poursuit le récit, truffé de métaphores, puissant et envoûtant comme MURAKAMI sait écrire. Mieux comprendre qui nous sommes pour avancer dans la vie avec le pouvoir de l'imagination sont des thèmes sur lesquels MURAKAMI nous incite à réfléchir.
Coup de cœur 
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Chantal. : Le bouquiniste Mendel de Stéfan Zweig
Le narrateur nous raconte l'histoire du bouquiniste Mendel qui, chaque jour, s'installait dans le café Gluck, à Vienne. Ce bouquiniste avait une mémoire prodigieuse. Il connaissait tous les catalogues bibliographiques. Il aura passé plus de trente années à la même table du café, recevant étudiants et personnalités, tous en recherche de livres et documents exceptionnels. Juif d'origine russe, il vivait en Autriche sans permis de séjour, sans lire les journaux donc sans voir venir le conflit. Au début de la Première Guerre mondiale, il fut arrêté et envoyé en camp de concentration. Il y recevait des courriers de tous pays, de libraires, de collectionneurs et de personnalités. Le commandant du camp fut surpris de ses hautes relations et il fut libéré au bout de deux ans grâce aux demandes d'interventions en sa faveur. Il revint s'asseoir à la même table du café Gluck. Il était délabré, sans vie. C'était l'anéantissement d'un être humain qui était auparavant une vraie encyclopédie. S. Zweig nous montre ainsi les ravages de la guerre.
à la médiathèque
Coup de cœur 

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Claudie : Boxcar Bertha de Ben Reitman
Un récit autobiographique, la vie de Bertha dans les années 30 aux USA, hobo, vagabonde du rail, sa rage de vivre en toute liberté, toutes les expériences possibles avec les voleurs, camés, prostituées, anarchistes, révolutionnaires, syndicalistes, militants de tous poils et des poètes, elle travaille dans des hôpitaux, des lieux d'accueil, des centres sociaux...et donne naissance à un enfant tout en contractant la syphilis. C'est également un document sociologique qui informe sur toute cette population qui prend la route, voyage dans les trains de marchandises, à la recherche de travail, mendiant sa pitence, quittant une région ou une famille inhospitalière, ou comme Bertha, épris d'aventure et de liberté. Adapté au cinéma par Martin Scorcese en 1973, on pense aussi à "Des souris et des hommes " ou "Les moissons du ciel " de Terence Malik, Une épopée bien antérieure à la beat génération !


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Daniel : Du même bois  de Marion Fayolle
Dans ce premier roman, l'autrice nous entraîne dans un monde rural ardéchois agonisant. Monde d'un autre temps où ses grands-parents vivaient chichement au milieu des vaches. A cette époque la famille paysanne vit recluse sa ferme divisée en trois univers : celui des parents dans le premier espace de la longère, celui des vaches au milieu et ultime passage sur terre, celui des grands-parents reclus au bout du bâtiment. Les vaches rythment alors la dure vie de labeur, chacun a son rôle et l'assume à chaque étape de sa vie. Seulement ce monde-là s'éteint peu à peu face à l'âpreté du travail "l'homme est attaché à vie à sa ferme" et les générations futures ne sont plus enclines à vivre une telle vie de labeur continu. La contestation, la révolte viennent d'un membre de la famille différent:" la gamine". Au bout du chemin, personne ne reprendra la ferme. Le style de l'autrice désarçonne le lecteur par son dépouillement excessif et l'abus des phrases commençant par "ça" !
à la médiathèque



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Didier. : Moi ce que j'aime, c'est les monstres de Emil Ferris
Emil Ferris est né à Chicago en 1962. Illustratrice et conceptrice de jouets, elle contracte en 2001 une méninge-encéphalite qui la laisse partiellement paralysée. Lors de sa rééducation, elle se lance dans un long récit en bande dessinée, Moi ce que j'aime c'est les monstres. Bande dessinée hors norme de plus de 400 pages entièrement dessinées au stylo à bille, elle prend la forme du carnet intime de Karen Reyes, une enfant de 10 ans, qui vit dans le Chicago des années 1960. Karen aime les films et les magazines d'horreur, se dessine sous la forme d’un lycanthrope portant un imperméable de détective, et enquête sur la mort subite de sa belle et douce voisine du dessus, Anka Siverberg. Suicide, dit la police. Meurtre, pense-t-elle. Karen nous raconte aussi sa famille : une mère aussi pieuse que superstitieuse et un frère aîné un peu voyou et amateur d’art. On s’aventure dans le Berlin des années 1940 et le Chicago des années 1960, marqués par les émeutes et les apparitions spectrales, les personnes en souffrance, les créatures réelles, fictives ou fantasmées, le tout dans un hyperréalisme débordant d'onirisme.
à la médiathèque
Coup de cœur
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Monique : Edmond Gangliom & fils de Joël Egloff
Dans un petit village, il ne reste que le café et les pompes funèbres Edmond Ganglion & fils. Mais pour Edmond et ses deux employés, les temps sont durs, ils attendent un décès et regrettent l’époque où les affaires étaient florissantes, et puis, finalement, quelqu’un meurt et tout s’accélère. Avec beaucoup d’humour, Joël Egloff nous décrit les deux employés tres attachants et tellement différents, écriture pleine d’humour, noir parfois, très bon moment de lecture.
à la médiathèque

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Bernadette : Medusa d' Isabel Sorente (2024)
[Résumé Babelio] Sur une route de campagne, un flot pressé de gens, de bêtes, de chariots : on est au mois de juin 1940, en plein exode. Un avion survole et mitraille le convoi. La petite Paulette voit tomber ses parents. Un chien blessé rôde autour d'elle puis s'éloigne à travers champs. Machinalement, elle le suit, le ramasse quand il meurt, s'arrête enfin, le cadavre dans les bras, au bord d'un ruisseau. C'est là que la rencontre Michel, fils cadet des Dollé, qui l'emmène à la ferme de ses parents.L'enfance est une période féerique contre laquelle la guerre ne peut prévaloir. Tout au plus risque-t-elle d'infléchir le cours des jeux et des rêves. Dans l'espèce d'état second où la plongent l'exode et la disparition des siens une seule notion vague émerge pour la petite Paulette à la surface dé sa conscience, c'est qu'un mort doit être enterré, donc que son chien doit l'être et que tout ce qui meurt doit avoir sa tombe.Tel est le point de départ de la tragi-comédie qui se joue au hameau de Saint-Faix. Le plaisant se mêle au sévère et le burlesque à la gravité des événements dans cette histoire de deux enfants réunis par le hasard, dont le cinéma a tiré un des films les plus célèbres de l'après-guerre.

samedi 16 novembre 2024

Nos lectures de Novembre 2024

Présents, nous étions 11 : Chantal D, Roger D, Jacques A, Didier P, Madeleine V, Bernadette R, Monique L, Eric P, Claudie N, Jeannette P (nouvelle), Marie-Madeleine                                                    Excusé(es) Chantal J, Françoise N

Site de la médiathèque: https://www.facebook.com/mediatheque.bouguenais.44/

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Didier : L'assassin du dimanche de Leslie Kaplan 
Ne vous y trompez pas, ce n'est pas du Simenon ! L'assassin est bien là, "psychopathe criminel" dont on ne saura rien, si ce n'est qu'il tue, le dimanche, des femmes, qui ont souvent en commun leur engagement politique. Mais le personnage principal du roman de Leslie Kaplan ce n'est pas lui. C'est le Grand Collectif, celui créé par Eva, un groupe de femmes qui se réunit dans l'arrière-salle d'un café, pour traquer ce tueur du dimanche. Il y a Aurélie, ouvrière dans une usine de biscottes ; Jacqueline, ancienne braqueuse ; Stella, splendide mannequin ; Anaïs, professeure de philosophie, et Louise, femme de théâtre. Elles viennent de milieux différents, mais toutes éprouvent le réel d’une époque violente, menaçante, « la fin d’un système ». Leslie Kaplan explore comment des individus, souvent marginalisés ou sans pouvoir apparent, peuvent se rassembler pour lutter contre une société perçue comme déclinante et menaçante. Elle met en scène des femmes qui prennent en main leur vie et où l'action conjointe permet de surmonter les obstacles imposés par la violence d'une époque en crise. prises de risque, ses observations, la complicité de son tonton et ces bruits mystérieux dans le grenier inaccessible accompagnent ce tendre récit inspiré par le vécu du père de l'auteur.
à la médiathèque
Coup de cœur 
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Claudie. : Vers la mère ( titre original : Esta herida llena de peces , cette blessure pleine de poissons) de Lorena Salazar (colombienne)
Cette blessure, c'est le fleuve, l'Atrato sur lequel la narratrice navigue en pirogue avec son fils adoptif jusqu'au village de sa mère biologique, sur fond de jungle où tout est vie et mort. La mère est blanche, le fils est noir, le lien est un amour absolu. Le voyage en pirogue avec d'autres passagers est long, plusieurs jours, le temps de se préparer, de s'initier à une autre vie, la séparation. L'atmosphère est lourde, poisseuse, dangereuse, parfois, l'enfant l'allége par ses rires et ses questions. L'histoire de la narratrice et de l'enfant s'entremêlent au fil des rencontres et souvenirs. Un portrait esquissé de la Colombie, le long du fleuve, on croise des habitants, leur façon de vivre toujours chichement, des villages en feu, des pillages, des hommes en armes, des ombres...la jungle est opaque, traîtresse et les hommes, FARC ou paramilitaires sont violents. Pourtant, à bord de la pirogue, Lorena S. poétise le réel, des chants, la solidarité des passagers le temps du voyage. L'écriture est toute de sensations, lumières, saveurs, odeurs, couleurs, on entend la pluie, les oiseaux... La fin est radicale et brutalement réelle, elle clôture ce voyage au fin fond de la Colombie.
Coup de cœur 

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Marie-Madeleine : Moi Tituba, sorcière  de Maryse Condé
C’est la vie de Tituba, une femme guadeloupéenne, née à La Barbade, puis partie avec ses nouveaux maîtres à Boston puis à Salem (ville devenue célèbre pour le procès des sorcières fin 17ème siècle) ; Le récit est basé sur des faits historiques mais a aussi une partie romancée. C’est un magnifique portrait de femme, intelligente et courageuse face à une société pétrie d’interdits et de violences. La vie de cette femme esclave, c’est aussi la découverte d’un univers riche en magie et histoire. Cet ouvrage est terrible et captivant. Maryse Condé a été journaliste, professeur de littérature et écrivaine. Elle est décédée en avril 2024. Elle a obtenu le prix Nobel Alternatif de littérature pour l’ensemble de son œuvre. Selon Wikipédia, le prix Noble Alternatif est un hommage à celles et ceux qui apportent un bénéfice à l’humanité.
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Coup de cœur

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Roger : Les grandes patries étranges  de Guillaume Sire
Joseph est un petit garçon quand son père, parti à la guerre "pour le protéger", y est tué. Sa mère, fragile, dévastée, sombrera dans l'alcoolisme. Nous sommes en 1914 et cet être atypique, aux comportements désarmants, vivra des péripéties aventureuses, notamment lors de la deuxième guerre mondiale. Le tragique des situations est présenté de façon légère dans ce récit qui “aspire” le lecteur. Du même âge que lui, sa petite voisine Amina, qu'il écoute jouer du Schumann au piano, va être dure et manipulatrice avec lui. Elle va l'entraîner dans une grande maison abandonnée où elle élève, en cachette, un cochon, anecdote qui aura une suite chargée. Mais Anima dont la famille est juive, va partir loin. Joseph restera obsédé par son amour pour elle toute sa très longue vie. Il ira la rencontrer puis, des années après elle le cachera dans sa fuite, en Allemagne, où elle vit avec ses enfants et son mari, officier allemand. Beaucoup d'aventure, avec des participations à la Résistance. Le tragique n'est pas absent dans ce périple fascinant.
à la médiathèque
Coup de cœur

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Chantal D. : Avant elle de Johanna Krawcszyk
Roman court, intense, écrit à la première personne. Carmen est fille de réfugiés argentins. Mariée, maman, elle est une jeune femme en souffrance. La mort de sa mère, le silence de son père puis le décès de celui-ci, tout cela perturbe son équilibre. Elle apprend qu'il louait un box où sont enfermés des photographies, des lettres et des carnets intimes. Carmen va y découvrir le rôle sinistre de son père dans l'armée, de 1945 à 1981 (les tortures, les séquestrations). De plus elle apprend qu'elle est une enfant volée à une opposante, emprisonnée enceinte. Selon une lettre de sa mère biologique elle découvre son nom de naissance: Laura Denevi. .
Coup de cœur
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Madeleine : La femme habitée de Gioconda Belli
Écrit en 1988 par l'écrivaine et opposante politique Gioconda Belli, ce livre fait intercaler 2 héroïnes, 2 périodes historiques et deux combats qui vont se rejoindre avec la même prise de conscience et la même volonté d'échapper aux pressions patriarcales pour se réaliser dans une lutte libératoire. Dans les années 1970, Lavinia termine ses études d'architecture en Europe et rentre dans son pays d'Amérique centrale. La jeune femme, issue de la riche bourgeoisie, commence à travailler dans un bureau d'architectes réputé, et sa vie va se trouver bouleversée. Coup sur coup, elle découvre qu'une partie de ses compatriotes vit dans une grande pauvreté, et tombe amoureuse de Felipe, un de ses collègues de travail, qui va l'entraîner malgré elle dans le mouvement révolutionnaire qui veut libérer le pays de la dictature. D’autre part, l’histoire de Itza, jeune femme indigène qui combat avec l'homme qu'elle aime et ceux de son clan pour défendre sa terre contre l'envahisseur espagnol, elle va se réincarner et habiter subtilement Lavinia et lui insuffler sa force. On prend conscience de l'évolution du personnage principal, de son questionnement intime, de la difficulté à concilier vie personnelle et sentimentale et engagement politique, ici révolutionnaire. Ce roman est aussi l'occasion de réfléchir sur l'engagement et l'héroïsme.
à la médiathèque
Coup de cœur 
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Bernadette : Medusa d' Isabel Sorente (2024)
« Aux yeux de Liam, sa soeur est une héroïne »; protectrice, audacieuse, Marianne l'entraine dans des lieux sauvages inondés de lumière, sur les chemins dominant la ville de la Ciotat. Lorsqu'elle meurt à 20 ans, le deuil semble impossible. Liam décide de reconstituer la dernière pensée de sa soeur, persuadé qu'elle est à l'origine de l'univers chaotique dans lequel il doit désormais vivre. Quand il demande son aide à Beatrix sa meilleure amie, il découvre un autre visage de Marianne, celui d'une jeune femme fascinée par les monstres et son goût pour la mythologie." Marcus (le père), Vanessa (la mère) Liam et Beatrix vont chercher a comprendre Marianne et à travers elle les autres femmes de leurs vies .... L'autrice se met en scène dans les pages inspirées par une Muse qui la guide dans ses réflexions. Ce roman est envoutant, passionnant,...La mythologie comme source d'inspiration d'écriture. Le titre Medusa, en référence à Méduse dans la mythologie grecque, est l'une des 3 Gorgones avec ses soeurs Euryale et Steno, qui est la seule à être mortelle. Ses yeux ont le pouvoir de pétrifier tout mortel qui croise son regard. C'est aussi le symbole de la colère et du pouvoir pour le courant féministe.
Coup de cœur 
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Jacques : Le bouleau de Michel Roussillat ( illustré par Yves Larvor)
On retrouve le personnage immortel de Noam (Argos) qui essaie de se trouver une place à Athènes, même s’il ne possède pas le droit d’être citoyen en raison de son statut d’étranger(on l’appelle « Le métèque ») ; Civilisation foisonnante, inventive, c’est l’époque de la démocratie, du théâtre,de la philosophie, des sports (jeux olympiques). Noam amoureux éternel de Noura (épisodes précédents), femme castratrice, jalouse. Noam veut retrouver son autonomie ; Il découvre Daphnée qui lui fait découvrir la poésie, la tendresse, la beauté… Dans cette saga, la place de la femme est importante, on traverse de nombreuses guerres, inutiles parfois. Noam rencontre également Hippocrate, Périclès, Socrate et Albitiade, avec qui il apprend les belles Lettres et les idées philosophiques. C’est une lecture riche et dense.