samedi 10 octobre 2026

Rentrée littéraire 2026

En cours de mise à jour

Présentation de la rentrée littéraire le 10 octobre à la médiathèque de Bouguenais

Sélection de Stéphanie de la librairie Coiffard 

Stéphanie nous présente 16 romans de cette rentrée littéraire :

Les résumés proviennent de Babelio.                                                

Site Internet : https://www.librairiecoiffard.fr/

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A voix haute de Polina Panassenko. ( Editions l'Olivier )
Elle a vingt ans et veut devenir actrice. Après avoir grandi en France, elle retourne en Russie chez son grand-père, pour entrer à l’École du Théâtre National de Moscou. Mais à l’École comme dans sa famille, quelque chose résiste.
Pendant qu’on répète Les Trois Sœurs de Tchekhov, la réélection de Vladimir Poutine déclenche des manifestations. Le soir, le grand-père commente les informations. Sa petite-fille l’interroge sur le passé. En guise de réponse, il pose parfois sous ses yeux une photo, un vêtement, une pièce de monnaie qui a appartenu à l’arrière-arrière-grand-père. "Voilà, c’est à toi". Des objets qui vont se transformer en éléments d’enquête.
Quels secrets cachent les photos de l’album vert ? Pourquoi ne faut-il pas parler près de la porte d’entrée ? Pour découvrir ce qu’on ne lui dit pas, la narratrice devra apprendre à écouter les silences et à poser des questions, à voix haute.
Dans ce roman extraordinaire, voyage au bout de la mémoire, Polina Panassenko plonge dans l’héritage d’un pays, mettant au jour des vies brisées par le Goulag et la peur qui se transmet d’une génération à l’autre. Un pays dans lequel subsiste, malgré tout, l’espoir de liberté et de justice.
Prix littéraire "Le Monde" 2026.
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Le bureau des audacieuses de Mélanie Sadler. ( Editions La Tribu )
Paris, fin du XIXe siècle. Alors que l'affaire Dreyfus fracture la France et que les femmes qui pensent trop sont enfermées, Séverine choisit la parole plutôt que le silence, et devient la première femme journaliste de France. Avec d'autres audacieuses, elle crée un quotidien entièrement écrit et dirigé par des femmes, inventant un journalisme social et féministe avant-gardiste.

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C'était ça ou mourir de Thélyson Orélien. ( Editions Grasset )
Quand dans les rues de Carrefour-Feuilles les coups de feu et les flammes le somment de partir, Jonas Dorléon n’emporte presque rien : son diplôme, un cahier de poèmes, une photo de sa mère et un slip propre. Sa vie entière dans un sac de plastique.Se réfugiant d’abord du côté dominicain de la frontière, il attend dans l’antichambre d’Haïti que les choses se calment. Sauf que les choses ne se calment pas. Il faut marcher, encore, toujours. Devenir un migrant. Du Brésil au Mexique, il enfile les kilomètres, serrant toujours son sac de plastique contre lui, tantôt à bord d’un autobus surchauffé, tantôt dans les profondeurs de la jungle avec d’autres sans-papiers qui, autour de lui, tombent les uns après les autres. Quand enfin il atteint la frontière des États-Unis, ce sont les agents de l’ICE qui l’attendent. Jonas n’a plus qu’un objectif : quitter ce pays qui n’a rien de « great again » et gagner le Canada par le chemin Roxham, cette voie salutaire dont il a tant entendu parler.La plume foisonnante et poétique de Thélyson Orélien fait jaillir la beauté dans les zones les plus sombres de l’expérience humaine. Il parle la langue de l’exil, cette langue qui s’apprend « sans grammaire, sans dictionnaire, juste avec les os et la peau ». Surtout, il révèle une Amérique terrible et violente sur laquelle notre regard doit s’attarder.
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La danse des flamants roses de Yara El'Ghadben. (Conseillé par la librairie Coiffard)
Sur les bords de la Mer Morte, l'eau s'est évaporée et le sel a ravagé les corps humains. La vallée infestée a été mise en quarantaine ; on a isolé les personnes contaminées derrière un mur mais la maladie du sel a continué de faire des ravages. "Arabe juif palestinien israélien bédouin soldat colon ouvrier touriste prisonnier, face au sel tous pour une fois égaux". Et puis un jour, les flamants roses sont arrivés et tout naturellement se sont installés au milieu du sel dévoreur. Eux, vivaient, se reproduisaient, dansaient dans ce milieu hostile pour les humains. Alors les survivants ont quitté les ruines des stations balnéaires au sud de la Mer Morte pour rejoindre les grottes et les oasis cachés du Nord. Ensemble ces hommes et ces femmes ont créé leur communauté et réinventé une vie. Et sous l'Arbre Vie, un enfant est né sous la protection d'un flamant. Il était le premier enfant de l'Après évaporation de la Mer Morte. Alef était son nom. "Premier enfant du sel Premier enfant flamant (...) Première lettre de l'alphabet arabe et hébreu Fils d'une botaniste palestinienne et d'un rabbin israélien" C'est le temps de la vallée, poétique, animiste, où l'on découvre un phalanstère réinventé. Un monde dans lequel les survivants sont parfois envahis par le passé, mais qui résistent et élèvent la nouvelle génération à se fondre dans le vivant, quitte à se perdre. Alef a vingt ans maintenant. Il aime Anath et s'occupe à son tour d'éduquer le plus jeunes, il remplace progressivement Hypatia qui leur a enseigné les racines communes des seize langues qu'ils maîtrisent. Dans ce roman, cette fable si belle, lancée comme un cerf-volant, les passereaux chantent, les araignées murmurent, les flamants roses dansent, les histoires se racontent et s'écrivent mais le mur érigé autrefois est toujours là. Il s'effrite pourtant et on se doute qu'il est susceptible de cacher d'autres survivants. À moins que le danger ne vienne des entrailles de la Terre ? Impossible de rester indifférent à cette utopie protégée par le rose des plumes des flamants!
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Le désastre de la maison des notables d' Amira Ghenim. (Conseillé par la librairie Coiffard)
"Le désastre de la maison des notables" est le deuxième roman d'Amira Ghenim, mais le premier à être traduit en français depuis l'arabe. Remarquable traduction de Souad Labbize qui rappelle dans une notre introductive que "la Tunisie dans les années 30" connaît d'importantes tensions politiques et idéologiques : lutte pour l'indépendance face au colonialisme français, naissance de mouvements syndicaux, débats publics sur la question des femmes et leur rôle dans la société. Débats menés, entre autre par un certain Tahar Haddad que le lecteur retrouvera dans le roman puisqu'il est le fil conducteur du récit. Le roman est parfaitement construit autour de dix voix que l'on entend tout à tour, parfois à des années de différence, pour nous raconter une nuit de décembre 1935 qui fit basculer la vie de deux familles de la haute bourgeoisie tunisienne : les Naifer et les Rassa. C'est Hend, la petite dernière au bout de l'arbre généalogique de ces deux familles qui introduit et conclut ce récit polyphonique addictif. Après elle, les bonnes, le beau-frère, la mère, la grand-mère etc de Lela Zbeida vont prendre la parole pour dévoiler petit à petit en quoi cette journée fut funeste et comment elle s'est conclue par plusieurs drames. Chaque point de vue apporte sa pierre à l'édifice de la Vérité pour ensuite la retirer, c'est donc une vérité bien fragile car selon l'endroit où se place le conteur la perspective du récit diffère et c'est une des grandes réussites de ce roman passionnant. Derrière de grandes histoires d'amours et des secrets bien gardés, ce sont aussi un pays et une époque qui sont dévoilées avec toutes leurs tensions et leurs contradictions. Un grand roman sans aucun doute.
Première sélection du Prix du roman Coiffard 2025
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Faiël & les histoires du monde de Paolo Bellomo. (Conseillé par la librairie Coiffard)
"Un matin d'il n'y a pas si longtemps, un même son retentit partout sur la surface de la Terre, faillit en déchirer déchirer l'atmosphère. Ce livre constitue les histoires qui menèrent à cela (...)" C'est ainsi que s'ouvre ce roman totalement envoûtant qui vous traverse comme une note parfaite. Paolo Bellomo a une langue incroyable et un talent de conteur incontestable. Tout commence par la mort brutale par balle du père de Faïel et Nenelle, qui était aussi le mari de Sisine et le fils de Vitelarinze et Marisabède. Faïel, l'enfant, le fils, pleure et chante à l'unisson avec la communauté. Nénelle, dans son couffin, est trop petite pour chanter. Vitelarinze est envahi par une grande colère. Mausabède, elle, est influencée par les femmes langues de vipère et en veut à Sisinie de ne pas pleurer son mari. Ce sont, tour à tour, six histoires qui vont être racontées avec des personnages centraux qui diffèrent mais qui forment un tout pour nous conter les histoires du monde tandis que Faïel , sa mère et sa sœur, vont devoir fuir la communauté qui les rejette. Paolo Bellomo invente un monde dans lequel les humains entrent à nouveau en osmose avec le vivant, un monde dans lequel cruauté et harmonie se côtoient, où le collectif reprend sens. En nous racontant des histoires de vie, sur les pas de Nénelle et Faïel, Paolo Bellomo fait entrer le lecteur dans une forêt profonde, une chênaie magique, dont il est difficile de ressortir. Entre fable politique et écologique, chant porté par un chœur parfois vibrant, parfois silencieux, ce premier roman, empreint de réalisme magique, est un objet littéraire non-identifié à ne rater sous aucun prétexte.
Première sélection du Prix du roman Coiffard 2025
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La femme habitée de Gioconda Belli (résumé Babelio)
Années 1970. De retour en Amérique centrale après des études d’architecture en Europe, Lavinia, jeune femme issue d’une famille bourgeoise, découvre son pays natal agité par des bouleversements sociaux. De l’éveil politique au combat, sa rencontre avec Felipe, un révolutionnaire engagé dans la lutte clandestine contre la dictature, va la propulser dans le mouvement de libération du pays en même temps que dans la passion amoureuse. Roman semi-autobiographique, La Femme habitée transporte les lecteurs dans un voyage palpitant au cœur des soubresauts d’un pays imaginaire à l’histoire bien réelle. Sous la plume virtuose de Gioconda Belli, émancipation féminine, combat pour la justice et histoire d’amour s’entremêlent pour dessiner le destin fascinant d’une femme déterminée à changer le monde. « Sa poésie est une déclaration d'amour au Nicaragua, la plus belle qu'il m'ait été donné d'entendre. » Salman Rushdie « Une des autrices les plus talentueuses d’Amérique centrale. Elle a un talent merveilleusement libre et original. »

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Les grandes patries étranges de Guillaume Sire. (Conseillé par la librairie Coiffard)
Joseph est un petit garçon différent des autres qui expérimente toutes les matières qui l’entourent sans conscience du danger parce qu'il veut tout comprendre. Il est habité par quelque chose, il sent, il devine, il a une conscience aiguë de ce qui l'entoure. Seul Emmanuel, son père, l'apaise. Hélas la Grande Guerre va lui arracher ce père adoré qui lui avait pourtant promis "Je pars pour te protéger, je pars parce que je vous aime". Ni Joseph, ni sa mère Thérèse ne s'en remettront tout à fait. Et puis un jour, Anima emménage au-dessus de chez eux. C'est son parfum que Joseph sent en premier, et puis son ombre, à peine entraperçue et déjà l'enfant sait qu'il ne veut faire qu'un avec cette fille. Tous les deux sont habités par des fantômes et semblent conscients que leurs destins sont scellés par quelque chose de plus grand qu'eux. Guillaume Sire excelle à dire cette enfance ; à raconter la magie, la terreur, l'amour, l'imagination qui envahissent le corps et le cœur d'Anima et Joseph. Anima, qui joue Schumann au piano et que Joseph écoute à travers les lattes du parquet, tout entier traversé par les notes. Mais la jeune fille est juive et va devoir fuir Toulouse. Un départ vécut comme un déchirement pour Joseph. Et puis les années passent et une autre guerre se profile. Joseph n'a pas oublié Anima qu'il s'était juré de protéger et d'aimer pour toujours. Ce roman est presque une fable tant la vie, et même les aventures de tous ces personnages (car Anima et Joseph ne sont pas seuls), nous sont racontés avec un mélange de fantaisie et de réalisme, un roman dans lequel rêves et cauchemars s'entremêlent, les ténèbres et l'amour s'embrassent et tous les sens sont en éveil ! Avec Guillaume Sire, les mots ont une odeur et deviennent matière, les sons et les silences sont des notes de musique, et l'on quitte à regret ces "Grandes patries étranges" envoûtantes.
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Ilaria ou la conquête de la désobéissance de Gabriella Zalapi. (Conseillé par la librairie Coiffard)
Mai 1980, à Genève, la petite Ilaria, 8 ans, fait le cochon pendu à la sortie de l'école en attendant sa sœur Ana. C'est une enfant docile, taciturne et plutôt maigrichonne qui est surprise de voir son père venir la chercher à la place de sa sœur. Désormais, il habite Turin et elle ne le voit plus qu'une fois par mois au restaurant "Chez Léon" avec sa mère et Ana. Mais cette fois-ci, ce n'est pas 'Chez Léon' que son père l'emmène, c'est à Turin, puis à travers une errance d'hôtel en hôtel, de nuits dans la voiture, d'étapes chez des amis, dans une pension ou chez une grand-mère excentrique. Le père d'Ilaria ne veut pas divorcer et a décidé de prendre sa fille en otage. Instable, habité par une grande colère, l'homme embarque son enfant en le privant brutalement de sa vie d'avant. Ilaria est aux aguets. Elle vivra parfois des moments heureux grâce à de belles rencontres mais il faudra toujours reprendre la route sans pouvoir ne serait-ce qu'entendre la voix de sa mère. L'histoire de cette petite fille est terrible. Objet de manipulation dans des histoires d'adultes qui la dépassent, elle est tout à tour conciliante, effrayée et dans l'incompréhension. Mais Ilaria est aussi habitée par une grande force intérieure et le sous-titre "ou la conquête de la désobéissance" n'est pas là pour rien. Il va falloir que l'enfant se libère de l'emprise. Gabriella Zalapi nous raconte avec beaucoup de talent cette petite Ilaria, son ennui, sa solitude, son sens de l'observation. Une lecture qui touche en plein dans le cœur.
Première sélection du Prix du roman Coiffard 2025
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Mémoires sauvées de l'eau de Nina Leger. (Conseillé par la librairie Coiffard)
Ce roman s'ouvre sur une phrase d'Elisée Reclus tirée d'"Histoire d'un ruisseau" - "La masse entière du fleuve n'est autre chose que l'ensemble des tous les ruisseaux, visibles ou invisibles, successivement engloutis". Elle est belle cette phrase. Elle est juste. Elle résonne. Elle parle de nous. "La masse entière de l'âme humaine n'est autre chose que l'ensemble de toutes les rencontres, importantes ou infimes, successivement absorbées" se met-on à penser. On tourne la page, et nous voici projetés à Oroville, au nord de la Californie en 1848, le jour où l'homme y découvrit de l'or. Et déjà, il y a un ton, une structure de phrase. Au chapitre suivant, nous lisons un article de journal de l'époque, qui justifie sans détour la nécessité de détruire les Indiens par tous les moyens. Quelques pages plus loin, nous découvrons Théa qui enregistre un message vocal à sa grand-mère qu'elle nomme affectueusement Grande-Ourse. On est en septembre 2020, et Théa vient de quitter Oroville, ravagé par un feu géant. Elle part en pensant ne jamais revenir, comme elle pensait ne jamais rester à Oroville trois ans auparavant alors que la cité était engloutie par une inondation. La construction narrative, parfaitement maîtrisée, s'articule ainsi, chapitre après chapitre, pour nous raconter progressivement l'histoire de la Californie, les ambitions démesurées de l'homme blanc, la méconnaissance et le mépris de ces gens à la fois pour la terre sur laquelle ils s’installaient mais aussi envers les peuples qui y vivaient. La grande Histoire rejoint l'histoire familiale de Théa qui n'est évidemment pas arrivée à Oroville par hasard. Ce roman est passionnant, il interroge tellement de sujets actuels tout en restant très humain et lucide. Un immense coup de cœur.
Première sélection du Prix du roman Coiffard 2025
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L'oeil de la perdrix de Christian Astolfi. (Conseillé par la librairie Coiffard)
Elle s'appelle Rose-Marie, mais tout le monde l'appelle Rose. Née au début du 20ème siècle dans un village corse, elle a débarqué à Toulon avec son mari Paul-Dominique et leurs trois enfants en 1924. Berger, il a vendu ses bêtes pour se faire embaucher à l'Arsenal. Les deux garçons de Rose sont grands maintenant ; ils sont partis. Et elle se souvient avec émerveillement, le ventre tordu, de sa fille Nonciade, jeune fille émancipée. Désormais Paul-Dominique est à la retraite et la vie tourne autour de la maison et des repas sans que rien ne soit partagé entre eux. Lui, semble avoir baissé les bras face au monde, plus rien ne le touche, comme si Rose et son entourage étaient invisibles à ses yeux. Rose prend le large à sa façon, elle aime écouter des émissions musicales à la radio, elle sort des temps en temps écouter une opérette au théâtre de la ville, elle se promène aussi le long de la corniche. À chacune de ses sorties, elle voit le bidonville dressé sur son chemin, elle croise ces hommes et ces femmes qui ont l'air, comme elle lorsqu'elle a débarqué, de vouloir passé inaperçus. Et puis un jour, en rentrant du marché, alors qu'elle longe les baraquements, Rose glisse et se tort la cheville. Farida la voit, vient à son secours, la ramène chez elle et la soigne. Farida est algérienne. Elle vit dans le bidonville avec son mari et ses enfants. Timidement, des rendez-vous sont donnés, et progressivement une magnifique amitié naît entre les deux femmes. Une amitié qui devient une force pour Rose qui découvre le pouvoir du collectif et de la solidarité entre femmes dans un contexte social et politique qui est celui des années 60, et donc de la guerre d'Algérie. Le portrait de ces deux femmes est vraiment touchant. Rose nous émeut par sa sincérité, la droiture avec laquelle elle va se battre contre toute assignation tout en restant une femme de son époque, de son milieu et de son éducation. C'est avec douceur et dignité qu'elle ouvre les portes vers sa propre liberté d'être et de penser.
Première sélection du Prix du roman Coiffard 2025
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Parmi d'autres solitudes d' Yves harté. (Résumé Babelio)
Journaliste célibataire d’une quarantaine d’années, le narrateur se rend dans la maison de son père qui vient de décéder et dont il n’avait plus de nouvelles depuis longtemps. Alors qu’il trie ses affaires, il tombe sur un dossier qui comporte des textes de sa propre plume, écrits vingt ans plus tôt dans le cadre d’une commande de presse. Des portraits d’hommes et de femmes confrontés à la solitude, que, pour une raison mystérieuse, son père a précieusement gardés. Les piliers de comptoir d’un café sans éclat, un sans domicile fixe qui a joué de malchance, un alcoolique qui vit encore chez sa mère, un homme transparent qui n’a jamais su retenir le regard d’une femme, une institutrice de maternelle qui collectionne les amants sans pouvoir tomber amoureuse, un vieux fermier enfin, qui illustre l’isolement agricole. Tout en relisant ces portraits, le narrateur se remémore des moments avec son père et tente de comprendre ce qui les a éloignés l’un de l’autre. D’une écriture délicate, à la sensibilité rehaussée de pudeur, Yves Harté rend ces êtres abandonnés absolument bouleversants. Il explore, avec une empathie contagieuse, le tabou de la solitude qui nous effraie et qui, pourtant, au fond, nous réunit tous.

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Terres promises de Bénédicte Dupré La Tour. (Conseillé par la librairie Coiffard)
"Terres promises", c'est la terre des espoirs déçus, des illusions perdues. Une terre d'Amérique aux vertes plaxines et aux rivières regorgeant d'or qui s'achève dans la poussière d'une ville bâtie à la hâte autour d'un saloon et d'un bordel, d'hivers rudes et d'une nature hostile. Une prostituée, un orpailleur, un ancien prêtre devenu bonimenteur, un indien habité par la colère, Bénédicte Dupré la Tour nous raconte cette Amérique à travers de grands chapitres et différentes voix qui sont comme des nouvelles, et qu'elle entrecoupe par la correspondance d'un jeune déserteur qui attend d'être pendu. La construction est brillante car on retrouve dans chaque histoire un bout de vie de personnages déjà croisés. À travers leurs vies tragiques, on plonge dans une nature cruelle peuplée d'hommes et de femmes écrasés mais dont émerge toujours une forme d'humanité, malgré tout et parfois malgré eux. Tout l'imaginaire lié à la terre promise vient se heurter à la dureté de cette terre. c'est un chœur d'oubliés, d'invisibles, de petites gens qui nous touchent, nous révulsent parfois mais finissent toujours par nous emporter tant le récit est puissant et ces vies saisissantes. Un premier roman qui nous emmène loin à l'Ouest !
Première sélection du Prix du roman Coiffard 2025
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La vie meilleure d' Etienne Kern. (Résumé de Babelio)
« Nous sommes la somme de nos amours. Et c’est la seule chose qui restera de nous. » On l’a comparé à Gandhi, à Einstein, à Lénine. Des foules l’ont acclamé. Des milliardaires lui ont tapé sur l’épaule. Les damnés de la terre l’ont imploré. Aujourd’hui, son nom nous fait sourire, tout comme son invention : la méthode Coué. Singulier destin que celui d’Émile Coué, obscur pharmacien français devenu célébrité mondiale, tour à tour adulé et moqué. La vie meilleure retrace l’histoire de ce précurseur du développement personnel qui, au début du XXe siècle, pensait avoir découvert les clés de la santé et du bonheur. Un homme sincère jusque dans sa roublardise, qui croyait plus que tout au pouvoir des mots et de l’imagination. Avec ce roman lumineux aux accents intimes, Étienne Kern rend hommage à ceux qui cherchent coûte que coûte une place pour la joie.

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Le rêve du jaguar de Miguel Bonnefoy. (Conseillé par la librairie Coiffard)
« Au nord, il y a la raison qui étudie la pluie, Qui déchiffre les éclairs Au sud, Il y a la danse qui engendre la pluie, Qui invente les éclairs » Miguel Bonnefoy ouvre son livre avec cette citation du colombien William Ospina en incipit, et déjà le lecteur sait qu’il va voyager vers un sud lointain et mirifique. Tout commence et s’achève sur les marches d’une église à Maracaibo. À l’image de la Macondo colombienne de Garcia Marquez dans "Cent ans de solitude", la ville de Maracaibo est une synthèse de l’histoire vénézuélienne, traversée par les révolutions, les bouleversements économiques et politiques, elle est une épopée en soi emprunte de réalisme magique. C’est donc sur les marches de cette église de Maracaibo qu’Antonio Borjas Romero fut abandonné au troisième jour de sa vie. Recueilli par la muette et indigente Teresa, le jeune Antonio fit preuve très rapidement d’inventivité et d’obstination. Emporté par le rythme de la phrase, le lecteur, fasciné, découvre de le destin extraordinaire de ce « chico Callejero », ce gamin des rues et sa rencontre avec Ana Maria, celle qui ne voulait se marier qu’avec l’homme qui lui raconterait la plus belle histoire d’amour. Lire "Le rêve du jaguar", c’est se laisser emporter par cet ardent et inépuisable conteur qu’est Miguel Bonnefoy, c’est plonger dans mille histoires et on en redemander encore !

samedi 3 octobre 2026

Nos lectures d'Octobre 2026

Étaient présents : Chantal D., Didier, Jacques, Madeleine, Marie-Madeleine, Monique, Robert, Roger.

Site de la médiathèque: https://www.facebook.com/mediatheque.bouguenais.44/


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Chantal D. : Les Promesses orphelines de Gilles Marchand.; – Aux forges de Vulcain, 2025. – 247 p. - (Collection Fiction) Rentrée littéraire 2025. Coup de coeur des bibliothécaires. 
Dans ce roman, on traverse l'histoire de 1950 à 1990, la guerre d'Algérie, le premier pas sur la lune, avec Armstrong le 21 juillet 1969, l'essor des progrès technologiques... Le personnage principal, Gino, fils d'immigré italien né après la guerre, vit avec sa mère et son frère aîné. Malgré ses efforts, ses résultats scolaires sont médiocres et, pourtant, il rêve. Tout lui semble possible. Très attachant, Gino attendra sa Roxane jusqu'à ses cinquante ans! L'auteur décrit la vie des petites gens avec tendresse, vérité et humour. Les cafés et les fêtes foraines sont les seuls lieux de rencontre pour les jeunes. C'est une époque avec ses petits bonheurs, ses progrès fascinants, ses faux espoirs et ses déceptions.
A la médiathèque
Coup de cœur 
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Jacques : Je veux le ciel sans perdre la terre de Xavier Grall.– Bouquins, 2026. – 704 p. - (La Collection)
Recueil de chroniques, de reportages, de billets d'humeur, de critiques littéraires ainsi que d'extraits de romans et de poèmes du journaliste et écrivain breton, qui se définissait lui-même comme barde, à la fois prophète des royaumes promis et dénonciateur des injustices présentes. Des lettres inédites complètent l'ensemble.
A la médiathèque
Coup de cœur 
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Marie-Madeleine : Très brève théorie de l’enfer de Jérôme Ferrari..– Actes Sud, 2026. 150 p. (Domaine français)
Une écriture flamboyante ; de longues phrases qui emportent la lectrice tant la description est évocatrice. Quitter l’île natale (la Corse) pour un poste de professeur en Algérie, puis à Abu Dhabi (Dubai). Expatrié, immigré, deux manières d’être étranger, deux mondes séparés par un mur invisible. L’empathie déployée par l’auteur ne peut rien ou si peu face à la réalité vécue par Kaveesha, l’employée sri-lankaise.
A la médiathèque
Coup de cœur 
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Madeleine : Un Bonheur que je ne souhaite à personne de Samuel Le Bihan. 
préface de Jean-Christophe Ruffin. – J’ai lu, 2019.- 252 p.
L'auteur reprend le scénario des attentats de 2015, mais au travers du vécu des personnes concernées ( victimes, parents, soignants, pompiers, policiers...). On les suit tour à tour dans leur vie de cette journée ordinaire qui va bientôt virer au cauchemar.
Très fort ! Un coup de poing tout en délicatesse.
À lire en mémoire des victimes
A la médiathèque
Coup de cœur